Clim’Actions Bretagne, l’argent public au service des promoteurs éolien en mer
L'Association Clim'Actions Bretagne, largement subventionnée et aidée par la Région Bretagne et d'autres institutions locales milite ouvertement en faveur de l'éolien en mer et prétend "ne pas vouloir ne pas abandonner le terrain aux opposants". Lien . La propagande pro ENR à laquelle se livre Clim'Actions Bretagne à partir d'une vision très idéologiquement biaisée de la transition énergétique pose question sur les soutiens financiers et autres dont elle bénéficie et devrait inciter à les remettre en cause, ainsi que ses interventions en milieu scolaire, pour ce qui concerne le volet énergie de son action.
1) Les éoliennes en mer : un vrai atout pour le climat, vraiment ! : 1a) Le développement de parcs éoliens en mer au large du littoral breton se révèle « très prometteur Faux ! ; 1b) Un déploiement « déterminant pour la diversification, à terme, du mix énergétique » : l'argument de la jambe coupée ; 1c) « Un mix qui devra répondre à l'indispensable électrification des usages et sortir des énergies fossiles ». Non, c'est le contraire ! ; 1d) Clim'Actions Bretagne juge désormais « compétitive », l'électricité produite par les éoliennes offshore. Non, c'est économiquement et socialement insupportable.
2) Clim'Actions Bretagne, les moyens des collectivités locales au service des lobbys ENR et des promoteurs éoliens : 2a) Un « laboratoire citoyen » gavé d'argent public (subventions, aides diverses: 7 équivalents temps plein budget annuel >400 000 euros) ; 2b) Une vision très idéologique de la transition énergétique et un livre blanc problématique ; 2c) Des formations, y compris pour les scolaires avec un biais pro-renouvelables et anti nucléaire et de potentiels conflits d'intérêts.
1) Les éoliennes en mer : un vrai atout pour le climat, vraiment !
Dans un article très bien mis en valeur par le Télégramme, lien, l'association Clim'Actions Bretagne prétend faire entendre un autre son de cloche à propos des éoliennes en mer et proclame : « pas question d'abandonner le terrain aux opposants à l'éolien en mer, au large des côtes bretonnes. D'autant « qu'ils émettent des arguments qui sont loin d'être toujours exacts et qui ne contribuent pas forcément à rendre les enjeux lisibles et clairs pour le public ».
Ce sont plutôt les arguments avancés par Clim'Actions Bretagne qui font preuve d'une indigence surprenante quant au niveau de moyens que possède cette organisation.
1a) Le développement de parcs éoliens en mer au large du littoral breton se révèle « très prometteur » Faux !
Les potentiels de vent sont plus faibles en Bretagne qu'en Mer du Nord qui bénéficie de vents plus puissants et plus constants, avec des vitesses moyennes souvent supérieures à 10-11 m/s contre 9-10 m/s à 100 mètres de hauteur. En plus, la Mer du Nord bénéficie d'eaux peu profondes sur de vastes zones, idéales pour l'éolien posé et d'interconnexions possibles entre plusieurs pays, optimisant la production et la distribution. Au surplus, les côtes rocheuses et pentues bretonnes imposent des parcs proches des côtes, ce qui diminue encore le potentiel éolien et maximise les atteintes aux paysages, au patrimoine, à la biodiversité marine côtière et les conflits d'usages, notamment avec la pêche artisanale.
Le développement est tellement prometteur ( ?) que la Commission Européenne, pour Bretagne sud, a autorisé une aide d'Etat (de l'Etat français) de plus de deux milliards pour treize éoliennes, sans lequel le projet ne se ferait pas.
1b) Un déploiement « déterminant pour la diversification, à terme, du mix énergétique » : l'argument de la jambe coupée
Jean-Marc Jancovici a déjà répondu à ce type d'arguments : « si je vous coupe une jambe et que je la remplace par une prothèse, j'ai diversifié vos appuis, mais vous ne vous en portez pas mieux ». De fait, le déploiement de l'éolien diversifie le mix français … en imposant, comme partout en Europe…du gaz. (cf. l'éolien, c'est du gazolien lien . Ainsi, avec la centrale de Landivisiau, indispensable pour la sécurité du système électrique breton, la région Bretagne a augmenté sa production électrique d'origine fossile, au lieu de la diminuer lien
1c) « Un mix qui devra répondre à l'indispensable électrification des usages et sortir des énergies fossiles ». Non, c'est le contraire !
En France, l'éolien, et plus encore en mer, n'aide pas à la décarbonation, bien au contraire. Lorsqu'il produit et se substitue au nucléaire, sa contribution aux émissions des gaz à effet de serre est négative – il est plus émetteur que le nucléaire (15g/CO2/kwh contre 4 environ). Lorsqu'il ne produit pas, le suivi de charge doit être assuré, compte-tenu de ses contraintes dynamiques, par des centrales à gaz de dernières générations dont s'équipent massivement Britanniques et Allemands – et la Bretagne cf. Landivisiau
1d) Clim'Actions Bretagne juge désormais « compétitive », l'électricité produite par les éoliennes offshore. Non, c'est économiquement et socialement insupportable
La zone industrielle en mer de Saint-Brieuc, et c'est sensiblement la même chose pour Saint-Nazaire, produit à 196€/MWh. Clim'Actions Bretagne ajoute gentiment « même si un juste système de péréquation public vient couvrir le risque prix quand les marchés fluctuent ». Saint-Brieuc est rémunéré approximativement 140€/MWh pour ne pas produire en période de surproduction. C'est stupide, c'est économiquement non soutenable et socialement insupportable. Même sur l'éolien posé, technologiquement au point, plus aucun appel d'offre en Europe n'a maintenant lieu sans une forme de subventions (aides directes, prix garantis…)
Quant à l'éolien flottant, le manque de maturité technologique rend son vrai coût difficile à prévoir. Le dernier appel d'offre au R-U se situe à 250€/MWh pour deux parcs de 100 MW ( ils avancent prudemment !) , et ceci ne tient pas compte des coûts de profil (productions à « prix négatifs), du back-up et des couts de gestion et congestion du réseau… C'est encore plus économiquement et socialement insupportable.
1e) Autre atout affiché : la réversibilité des installations, construites et démantelées. Non !
Les câbles sous-marins ne seront pas démantelés et pollueront pendant des siècles les fonds sous-marins. Et les provisions pour démantèlement comparées aux coûts réels sont encore plus problématiques que pour l'éolien terrestre.
2) Clim'Actions Bretagne, les moyens des collectivités locales au service des lobbys ENR et des promoteurs éoliens
2a) Un « laboratoire citoyen » gavé d'argent public (subventions, aides diverses) budget annuel >400 000 euros
Clim'Actions Bretagne se présente comme un « laboratoire citoyen d'idées et de projets » créé en 2015. Il employait en 2024 sept équivalents temps plein, un mécénat de compétence (payé par un industriel ou une administration) et un stagiaire pour une masse salariale totale de 261 325 €. II bénéficiait de 153 305 € de subventions (argent public), était rémunéré 129 055 € pour ses prestations (argent public majoritairement ?) et recevait 106 650 € de dons, mécénats et cotisations (ventilés comment, de qui ?).
Treize collectivités territoriales sont adhérentes : Arradon, Baden, Bignan, Sulniac, Saint-Avé, Saint-Nolff, Languidic, la Vraie-Croix, Locqueltas Malansac, Plumieux, Pluherlin et La Roche Jaudy ainsi qu'une communauté de communes, Arc Sud Bretagne.
Clim'Actions Bretagne est en adhésion croisée avec l'Aloen, (Agence Locale de l'Energie et du Climat Lorient), Fibois Bretagne (filière forêt-bois bretonne), et les apprentis nature. Enfin, une seule entreprise est mentionnée comme adhérentes (Optic Performance). NB : Toutes ces informations sont publiées sur le site de l'association.
Clim'Actions Bretagne est soutenu et subventionnée par la Région Bretagne. Il a également pour partenaire Golfe du Morbihan Vannes Agglomération pour des actions conventionnées sur le plan climat-air-énergie territorial, des interventions dans les écoles, des concours d'éloquence… Auray-Quiberon-Terre-Atlantique est partenaire pour une action Bretons en transition pour « un territoire apprenant et engageant pour les transitions ». Enfin, le Département du Morbihan les accueille dans son livret Education Développement Durable.
Avec ces moyens-là, incommensurables avec ceux des associations qui luttent contre l'éolien en mer ou sur terre, ils pourraient quand même faire un argumentaire un peu plus costaud (mais c'est peut-être impossible).
2b) Une vision très idéologique de la transition énergétique et un livre blanc problématique
Sur son site, Clim'Actions Bretagne revendique comme ressource un livre blanc constituant « une solide base de travail au service de la transition énergétique en Bretagne. » lien et dont il est mentionné que ce « livre blanc se situe dans le cadre du scénario négaWatt » avec pour but de « privilégier les énergies renouvelables pour leur faible impact sur l'environnement et leur caractère inépuisable (100% de nos besoins en 2050) » ( NB c'est comme si c'était fait, sauf qu'il a été démontré que c'était impossible.) Le livre blanc réclame une règlementation nationale imposant les énergies renouvelables, avec une fiscalité adaptée et reprends tous les poncifs du genre, par exemple :
« La France est un mauvais élève, en dessous de la moyenne européenne. En 2016, elle se situe au 15ème rang sur 28 pour la part des énergies renouvelables (EnR) dans la consommation finale brute d'énergie ». « La réussite du modèle allemand repose sur des objectifs ambitieux en électricité renouvelable. ».
Sauf que justement l'Allemagne est un échec complet ; l'une des électricités les plus chères d'Europe, plus de deux fois plus d'ENR que la France (55% contre 23%) et pourtant elle émet plus 6 fois plus de CO2 pour sa production électrique (370 gCO2/kWh contre 61g/CO2/kWh en 2025) et l'Allemagne n'arrive toujours pas à se passer de son charbon. Le second modèle présenté est le Danemark, « territoire assez comparable à la Bretagne, qui a une avance énorme en matière d'EnR et d'indépendance énergétique ». En fait, il a surtout l'électricité la plus chère d'Europe, est complètement dépendant de l'immense réservoir d'électricité hydraulique de ses voisins nordiques, et relance son gaz et va se lancer dans le nucléaire lien lien .
Et le troisième exemple présenté est… l'Autriche « qui a refusé par référendum le recours à l'énergie nucléaire. Ce choix a libéré les initiatives dans les énergies renouvelables ». Mauvais choix. Pourtant aidée par un record de production hydroélectrique (55-65% de l'électricité) (une électricité décarbonée pilotable, pas comme l'éolien ou le solaire), l'Autriche reste un des pays européens le plus dépendant du gaz russe…
2c) Des formations, y compris pour les scolaires avec un biais pro-renouvelables et anti nucléaire et de potentiels conflits d'intérêts
Une des principales actions de Clim'Actions Bretagne est l'organisation d'actions de sensibilisation sur le changement climatique dans les établissements scolaires ; ainsi, en 2024 l'équipe permanente a animé 330 ateliers dans les établissements scolaires de la maternelle à l'Université.
Ce qui est fortement problématique, en raison du biais idéologique de Clim'Actions Bretagne sur la transition électrique et de ses éventuels conflits d'intérêts. L'Association signale en effet qu'elle adhère au Réseau Action Climat dont les choix idéologiques antinucléaires et pro ENR sont publics et affichés-. Elle est aussi en discussion avec le CLER (Comité de Liaison des Energies renouvelables), également antinucléaire et plaidant encore en 2023 pour un mix électrique 100% renouvelable dont l'impossibilité est reconnue par tous.
En février 2023, le Grand témoin de la journée Climat de fête organisée par Clim'Actions Bretagne était Jean-Louis Bal, Président d'Honneur du Syndicat des Energies Renouvelables. En mars 2026, Clim'Actions Bretagne organise une journée de formation Energie et Climat avec un focus sur « les éoliennes en mer, un atout pour le climat » avec comme principale intervenante Coralie Saenz, administratrice de Clim'Actions Bretagne, ingénieure et cheffe de projets EnR chez Kallista Energy- un producteur d'énergies renouvelables …
Enfin, Clim'Actions Bretagne a participé à la création de producteurs ENR organisés en coopératives citoyennes comme Sen'helios (« production d'énergie citoyenne renouvelable » et Luciole Energies qui porte un projet de coopérative de production d'énergie renouvelable locale sur la Ria d'Etel, sur les territoires de la CCBBO et du Pays d'Auray (AQTA). Un mélange des genres un peu gênant. (NB La Cour des Comptes de la région Bretagne a rendu un rapport sévère sur sa politique énergétique. lien ).
La propagande pro ENR à laquelle se livre Clim'Actions à partir d'une vision très idéologiquement biaisée de la transition énergétique pose question sur les soutiens financiers et autres dont elle bénéficie et devrait inciter à les remettre en cause, ainsi que ses interventions en milieu scolaire, pour ce qui concerne le volet énergie de son action.






