Compte-rendu CPDP du débat public sur l’évolution du réseau électrique (SDDR) : les contributions de PIEBÎEM, les points principaux
Le SDDR (Schema Décennal de développement du réseau) a fait l'objet d'une consultation publique (du 4 septembre 2025 au 14 janvier 2026) à laquelle PIEBÎEM et d'autres associations ont répondu, avec un certain succès puisque le raccordement des parcs éoliens en mer est devenu légitimement, tant du point de vue techno-économique qu'environnemental un des principaux sujets cf nos fils précédents lien lien. La CNDP vient de rendre son rapport sur cette consultation lien . Résumé des interventions de PIEBÎEM reprises dans le rapport et sur le site de la consultation et des points concernant l'éolien en mer. 1) Une opportunité de l'éolien en mer fortement contestée et les risques de coûts échoués pour le réseau électrique ; 2) Un enjeu fort : la préservation de la biodiversité est une nécessité car le risque lié à son appauvrissement est du même ordre que celui lié au changement climatique ; 3) Insuffisance et détournement des mesures Eviter Réduire Compenser, particulièrement en milieu marin ; 4) Une prise en compte encore insuffisante des difficultés et des enjeux spécifiques du raccordement des parcs éoliens en mer
1) Une opportunité de l'éolien en mer fortement contestée et les risques de coûts échoués pour le réseau électrique
« L'éolien en mer a ainsi fait l'objet de nombreuses interventions, souvent des mêmes acteurs, portant sur différents aspects parfois sans liens directs avec la problématique du raccordement des parcs au réseau et déjà traités lors du débat public « La mer en débat ». Ce n'en est pas moins un sujet important pour le plan-programme par le volume d'investissement qu'il est prévu de lui consacrer et par les problèmes de planification des travaux qu'il pose. Sous l'angle des hypothèses de production d'électricité, les arguments avancés ont porté sur l'opportunité de construire de tels parcs : condition essentielle d'atteinte des objectifs de décarbonation pour les uns, technologie à bannir en raison de son coût et de ses nuisances pour les autres. »
« Au-delà de son ampleur financière, ce programme comporte un risque majeur de coûts échoués. » - Cahier d'acteur n° 72, ENVIRO VERITAS & NEMO.
« Les récents échecs des appels d'offre en mer au Royaume-Uni, en Allemagne et au Danemark, la réduction des objectifs éolien en mer des Pays-Bas et, en France même, l'échec de l'appel d'offres d'Oléron (la compétition réduite à deux consortiums dont l'un a explosé avant même l'annonce de sa sélection pour Centre-Manche 2) témoignent d'un intérêt très amoindri pour l'éolien en mer, dans un contexte de demande électrique étale et de surproductions non pilotables » ( PIEBÎEM)
« Selon la CRE qui vient de faire paraître ses observations sur le SDDR, les dépenses d'investissement prévues par RTE sur la période 2025-2039 pour le raccordement de parcs éoliens en mer s'élèvent à 37 Mds, auxquelles s'ajoutent 10 Mds pour les raccordements qui seront mis en service à partir de 2040, soit environ 45 % de l'enveloppe de 105 Mds prévue par RTE sur la période 2025-2039. Encore ne s'agit-il que du raccordement direct, auquel il faut ajouter les adaptations du réseau terrestre (14 à 20 milliards). Il faut également faire la part des difficultés technologiques et économiques et des erreurs d'appréciation de RTE ; ainsi le coût du raccordement de Centre Manche 1 est passé en trois ans de 1,4 à 2,7 milliards €. Tout cela laisse craindre une facture finale encore beaucoup plus élevée. » - Cahier d'acteur n° 54, PIEBÎEM.
2) Un enjeu fort : la préservation de la biodiversité est une nécessité car le risque lié à son appauvrissement est du même ordre que celui lié au changement climatique.
La préservation des milieux naturels s'est imposée comme un enjeu central pour plusieurs catégories d'intervenants. Le groupe citoyen considère : « Pour nous, la santé des milieux naturels n'est pas une option, c'est une nécessité vitale et nous voulons laisser une terre en bonne santé pour les générations futures… Cette préoccupation est également exprimée par FNE Limousin : « A tous les stades – production d'énergie, transport – la préservation de la biodiversité est une nécessité car le risque lié à son appauvrissement est du même ordre que celui lié au changement climatique. La lutte contre le Changement Climatique ne doit pas se faire avec une perte notable de biodiversité.
Même Haropa Port « a relevé la nécessité « de garantir la compatibilité environnementale des ouvrages notamment dans les zones humides et estuariennes. »et l'association Surfrider a demandé « la plus grande vigilance sur les milieux traversés, l'évitement sans concession des zones rocheuses, des habitats et espèces protégées et sensibles (herbiers marins, hermelles…). [...] Concernant les travaux directement en milieu littoral, Surfrider insiste sur la nécessité de préserver les espaces naturels qui le sont encore, et notamment les zones humides et les prés-salés sur lesquels aucun impact n'est acceptable. » - Cahier d'acteur n° 76, Surfrider Foundation Europe ».
NB PIEBÎEM : ce qui est typiquement le cas de l'atterrage de Bretagne sud en pleine zone protégée Natura 2000 du massif dunaire de Gâvres-Quiberon.
3) Insuffisance et détournement des mesures Eviter Réduire Compenser, particulièrement en milieu marin
Le rapport de la CNDP reconnait que beaucoup d'intervenants s'inquiètent de mesures ERC trop génériques, peu adaptées aux enjeux territoriaux. Il manque au dossier une analyse des effets cumulés des projets prévus dans le SDDR avec ceux d'autres plans ou infrastructures existantes.
« L'analyse de la prise en compte de la biodiversité dans les projets d'infrastructure électriques met en évidence une difficulté majeure : les impacts écologiques réels restent largement invisibles, insuffisamment mesurés et rarement traduits en éléments de décision. » Cahier d'acteur n° 148, Université Grenoble Alpes – Biodiversité et Paysage.
« Les mesures de compensation ne peuvent pas, selon nous, excuser ou justifier n'importe quel ouvrage. D'abord parce que tous les écosystèmes et les milieux naturels ne se valent pas. Ils sont tous irremplaçables. Et d'autre part, car les mesures de suivi de ces mesures de compensation sont peu respectées globalement. Donc, pour nous, c'est plutôt l'évitement et la limitation de l'artificialisation qui doit guider le nouveau Schéma. ( Sciences Po Bordeaux)
« Par défaut, des mesures de réduction doivent être mises en place, et en dernier recours, une compensation par la restauration d'habitats d'une valeur écologique équivalente. Ce dernier point soulève une question fondamentale que nous souhaitons mettre en avant : la définition même de la « valeur » d'un écosystème et la pertinence des indicateurs utilisés pour la mesurer. Cahier d'acteur n° 161, École des Mines de Nancy,
PIEBÎEM : Ceci est vrai au plus haut point pour l'éolien en mer où compenser n'a le plus souvent aucun sens. Quid de la compensation de la destructions de coraux des mers froides, de bancs de maërl, d'herbiers de zostère, de bancs d'Hermelles, de la désorientation d'espèces sensibles aux champs magnétiques ( requins, raies, anguilles, saumon)
4) Une prise en compte encore insuffisante des difficultés et des enjeux spécifiques du raccordement des parcs éoliens en mer
PIEBÎEM regrette une prise en compte encore insuffisante des difficultés et des enjeux spécifiques du raccordement des parcs éoliens en mer. Nous tenons à rappeler que la quasi -totalité des zones industrielles éoliennes en mer sont en face de zone Natura 2000, ou de grands sites de France, ou de monuments historiques ou archéologiques protégés, l'atterrage du parc Bretagne sud à Erdeven cumulant les trois. Les enjeux du raccordement à travers les zones humides protégées ont été rappelés par Surfrider ( cf ci-dessus).Il est dommage que le rapport n'indique que ces préoccupations sont largement partagées par nombre d'associations impliquées dans l'éolien en mer dont la nôtre, qui sont également intervenues en ce sens. Nous regrettons que n'aient pas été mentionnées également les atteintes patrimoniales lorsque, comme à Erdeven ( Bretagne sud), l'atterrage se fera à travers une partie du champ mégalithique classé Unesco et non encore fouillé
Il a fallu une question posée par PIEBÎEM pour que soit mentionnée par RTE l'encombrement spatial typique d'un poste éolien en mer (présenté lors par RTE d'un débat comme une multiprise… qui ressemble plutôt à une plate-forme pétrolière) : « Sur les postes éoliens en mer, vous parlez de multiprises. Moi, je parlerais plutôt de plateformes pétrolières. Est-ce qu'on peut donner un exemple de dimension, largeur, hauteur, hauteur sur mer, longueur, volume d'un poste ? (PIEBÎEM). L'avis du groupe citoyen mentionne l'importance « de conserver l'attrait des zones touristiques. En effet, des lignes passant aux abords de sites touristiques pourraient dégrader le paysage, diminuer l'affluence et pénaliser l'économie de certains territoires ».
PIEBÎEM : c'est bien le cas d'un poste électrique en pleine vue de Belle-Île et de la côte du Morbihan, notamment à Erdeven, ce dont se sont fortement inquiété les élus de Belle-ïle (e rappelle que cette plateforme de raccordement électrique formera une superstructure de 70 mètres de côté pour une hauteur de 30 mètres qui sera situé à 25 km de la côte sauvage de Belle-Île. Rappelons qu' à Quiberon les immeubles font moins de 30 mètres et sont à 15 km on peut d'ores et déjà imaginer ce que ça peut faire même un bloc de 70 m et de 30 mètre de haut à 25 km de nos côtes. » lien
Le fait que RTE reconnaisse pour ses postes électrique des problèmes environnementaux et des risques de pollution importants non résolus pour l'isolation électrique (utilisation de SF6) et pour la protection contre la corrosion ( anodes sacrificielles) n'est pas mentionné dans le rapport
Les répercussions possibles des connexions électriques sur des espèces de poisson (requins, raies, anguilles, saumon) sensibles aux champs électromagnétiques sont brièvement mentionnés dans le rapport, mais il n'est pas indiqué que RTE lui-même reconnait certaines incertitudes et un besoin d'amélioration des connaissances.
Les répercussions possibles des phases de travaux et de leur préparation, notamment le bruit en milieu sous-marin ne sont pas spécifiquement mentionnées, or pourtant, ainsi que nous l'avons rappelé, RTE a été condamné dans le contexte de préparation des travaux de Gila (ligne Très Haute Tension sous-marine entre la France et l'Espagne) où les sonars utilisés par un des bateaux de RTE excédaient les seuils de tolérance des mammifères marins. lien .
Nous regrettons, qu'il ne soit pas mentionné dans le rapport , ainsi que le reconnait pourtant RTE dans sa réponse à notre question que « le milieu marin reste relativement méconnu comparativement au milieu terrestre et l'évaluation des impacts potentiels des activités de RTE présente encore des incertitudes. » Dont acte !
En PJ , le cahier d'acteur de PIEBÎEM, les Questions réponses sur le plate forme CNDP et des videos de diverses interventions de PIEBÎEM lors du débat ainsi que celle de Marc Fontecave,. (Académie des Sciences) lien
Intervention PIEBÎEM dans le débat CNDP : branché sur demain, le réseau électrique en débat : questions sur les postes électriques : encombrement visuel , risques de pollution, champs électromagnétiques lien ;
Intervention PIEBÎEM dans le débat CNDP : branché sur demain, le réseau électrique en débat. Questions sur les risques de coûts échoués et l'anticipation des raccordements par RTE lien ;
Intervention PIEBÎEM dans le débat CNDP : branché sur demain, le réseau électrique en débat : questions sur la demande électrique et le risque de coûts échoués lien ;
Intervention PIEBÎEM dans le débat CNDP : branché sur demain, le réseau électrique en débat : RTE et la politique énergétique, conflits d'intérêts, condamnation de RTE dans les travaux d'interconnexion en mer de Gila lien
Intervention PIEBÎEM dans le débat CNDP : branché sur demain, le réseau électrique en débat : questions sur les coûts réels de l'éolien flottant, l'influence sur le prix de l'électricité, la compatibilité avec les objectifs de réindustrialisation lien ;
Intervention PIEBÎEM dans le débat CNDP : branché sur demain, le réseau électrique en débat : questions sur les coûts réels de l'éolien flottant, l'influence sur le prix de l'électricité, la compatibilité avec les objectifs de réindustrialisation lien ;
Intervention PIEBÎEM dans le débat CNDP : branché sur demain, le réseau électrique en débat : la CRE, dans sa contribution au SDDR, a appelé à réduire le coût considérable du raccordement de l'éolien en mer en dépriorisant l'éolien flottant et en rapprochant les parcs des côtes. Ce qui était l'exact opposé des demandes exprimées lors du débat CNDP- la Mer en Débat lien ;
Bretagne sud : problème de l'atterrage en zones humide protégée Natura 2000 lien
:Questions sur les postes électriques : encombrement visuel , risques de pollution, champs électromagnétiques
Risques de coûts échoués et anticipation des raccordements par RTE
Demande électrique et risque de coûts échoués
RTE et la politique énergétique, conflits d'intérêts, condamnation de RTE dans les travaux d'interconnexion en mer de Gila
Coûts réels de l'éolien flottant, prix de l'électricité, réindustrialisation
La CRE demande la déprioritisation de l'éolien flottant et le rapprochement des parcs
Atterrage Bretagne sud /zones humides protégées
Prise en compte de la table ronde sur le poste electrique en mer
Bilan du rapport CPDP par PIEBÎEM
Marc Fontecave et le 100% ENR
Cahier d'acteur consultation SDDR PIEBÎEM
Questions de ¨PIEBÏEM et Réponse de RTE sur la plate-forme

