Débat sur la PPE3, démêler le vrai du faux : PNC répond à la CRE

02/10/2025

Le 1er septembre 2025,  la Commission de Régulation de l'Énergie (CRE) publiait une lettre d'information intitulée « Débat sur l'énergie, démêler le vrai du faux: lien . En réalité, il faut maintenant démêler le faux du vrai du faux de la CRE qui a commis quelques erreurs. PIEBÎEM remercie PNC France qui a fait le travail : Oui la facture d'électricité a doublé depuis l'introduction massive des ENR, les ENR sont en grande partie responsables de l'augmentation et ça ne va pas s'améliorer avec une PPE3 à près de 300 milliards d'euros. Lien 

Pour PNC, le rapport de la CRE, comme ses interprétations, ne sont pas acceptables.

Le 1er septembre 2025 la Commission de Régulation de l'Énergie (CRE) publiait une lettre d'information intitulée « Débat sur l'énergie, démêler le vrai du faux ». Il est nécessaire de rappeler, avant d'évaluer la qualité de ce document, que la CRE est une autorité « dite » indépendante chargée d'apporter une information complète, transparente et compréhensible aux citoyens. Pour PNC France, la CRE dans son document sort très clairement de son domaine et s'implique dans une communication foncièrement partisane en faveur d'un déploiement rapide, coûteux et non nécessaire de l'électricité intermittente. Quant à sa prise de position sur le blackout ibérique, il ne peut que laisser l'observateur pantois !

1) Les ENR ont-elles fait doubler la facture d'électricité ? FAUX » dit la CRE , VRAI, dit PNC-France, car la CRE manipule les chiffres

La CRE ne parle que des Tarifs Réglementés de Vente et a oublié… le coût de l'abonnement qui a aussi explosé. (multiplié par un facteur 2,24 de début 2012 à début 2025). C'est ballot !

PNC note » la vérité d'un doublement constaté depuis l'engagement d'un programme massif de développement de l'éolien et du solaire, en 17 ans et en € constants »… « et la difficulté d'accéder à des chiffres clairs et non manipulés par l'administration. Ce qui conforte le sentiment que tout est fait pour que le consommateur final n'y comprenne rien ».

Par ailleurs, la décomposition des prix de l'électricité depuis 2012 décrit sur le site gouvernemental dédié lien https://www.data.gouv.fr/datasets/historique-des-tarifs-reglementes-de-vente-delectricite-pour-les-consommateurs-residentiels/ montreque l'abonnement du tarif de base TTC pour une installation de 6kW a été multiplié par un facteur 2,24 de début 2012 à début 2025 et que, parallèlement, le tarif TTC de la part variable (fonction de la consommation) été multiplié par un facteur 1,99. On est loin de l'affirmation péremptoire de la CRE.

2) « Les énergies renouvelables sont-elles responsables de l'augmentation de la facture ? « FAUX » dit la CRE, VRAI, dit PNC-France

« Les charges de service public d'électricité (CSPE), liées au soutien des seules énergies électriques renouvelables, et au titre de la seule métropole, ont évolué de 2,9 Mds€ (réalisé) en 2024, à 6,2 en 2025 et 7,66 en 2026, les montants prévisionnels ayant toujours été dépassés dans la réalisation. Donc ça augmente ou ça n'augmente pas ? »

« Les consommateurs ne payent pas le coût marginal faible des EnRi, mais leur coût complet, frais d'acheminement, taxes et part prise en charge par le budget de l'État via l'impôt inclus. »

NB et là aussi, c'est loin d'être transparent cf sur notre site lien

3) « Le tarif d'utilisation des réseaux (TURPE) va-t-il doubler ? « FAUX » dit la CRE, VRAI, dit PNC-France

« Dans sa délibération n°2025-79, la CRE elle-même indique que les investissements prévisionnels de RTE ont évolué de 2,287 Mds€ en 2024 à 3,479 Mds€ en 2025, soit déjà +55 %. Et elle confirme que RTE a programmé 4,592 Mds€ en 2026, 4,946 en 2027 et 5,933 en 2028. »

« Comment peut-on croire la CRE lorsqu'elle affirme qu' « après une augmentation en 2025, [le TURPE] évoluera chaque année à un niveau proche de l'inflation » ? Comment est-ce possible alors que la PPE3 envisage une croissance significative des capacités intermittentes qui passeront de 46,5GW en mai 2025, à 91 GW en 2030 puis à 123, voire 153 GW en 2035 »

4) « La France a-t-elle prévu d'investir 300 Mds€ pour développer les énergies renouvelables ? FAUX » dit la CRE, proche de la vérité, dit PNC-France

Les investissements requis pour respecter les objectifs de la PPE3 sont en ordre de grandeur sur 10 ans d'ici 2035 :

– 55 milliards pour les réseaux RTE et environ 40 Mds€ pour ENEDIS.

– 15 GWe d'éolien en mer, soit environ 45 à 60 Mds€.

– 10 GWe d'éolien à terre, soit environ 10 à 15 Mds€.

– 35 à 45 GWe de solaire, soit 35 à 45 Mds€

« A ce total d'environ 200 milliards, il faudra ajouter tous les investissements indispensables pour compenser la variabilité et l'intermittence des capacités EnRi programmées dans le projet de PPE3 (stockages, flexibilité, garanties de capacité), encore proposés à un niveau très faible par RTE. (NB : les coûts de gestion et de congestion des réseaux en Allemagne et en Angleterre sont d'environ 5 milliards par an.) »

« La CRE indique par ailleurs que 18 Mds€ d'investissements sont prévus pour les liaisons avec les EnR terrestres selon les gestionnaires de réseaux (partiellement financés par les producteurs eux-mêmes, sans précision) et environ 37 Mds€ d'ici 2040 pour relier l'éolien en mer au réseau de transport terrestre. (NB ceux-là payés par l'Etat, cas unique en Europe) »

5 ) « Est-ce que le développement des énergies renouvelables passe forcément par une augmentation du budget de l'État ? « PARTIELLEMENT VRAI » dit la CRE, Certainement VRAI, dit PNC-France

« Encore un euphémisme puisqu'il est déjà estimé à 6,9 Mds€ en 2025 et devrait dépasser 7,6 Mds€ en 2026, ce qui représentera une subvention moyenne de 17 €/MWh vendu. Une difficulté, qui explique en partie les réévaluations systématiques de la CRE, vient du phénomène des prix négatifs qui conduit au paiement des non-productions au bénéfice de distributeurs bénéficiant de contrats d'obligation d'achat ou de compléments de rémunération. Ce phénomène ne peut que s'amplifier ». Ce que la CFE admet pudiquement mais refuse de quantifier parlant de facteurs extérieurs !

6 ) « En 2025, le soutien public aux énergies renouvelables est-il en augmentation ? « VRAI » dit la CRE, mais plus encore que ce qu'annonce la CRE, dit PNC-France

Les quantités et les coûts actuels d'achat des EnRi, tels que révélés par la CRE pour 2025, contredisent toutes les déclarations sur la compétitivité des EnRi, (d'autant plus qu'il s'agit des seuls coûts directs). Cf tableau

Si la CRE souligne à juste titre les excès sur le photovoltaïque, elle ne s'inquiète ni de l'augmentation constante du coût d'achat de l'éolien terrestre… et encore moins de celui des éoliennes en mer, que nous devrons porter pendant 20 ans et dont les productions seront de plus impactées par les périodes de prix négatifs, au moins pour les parcs déjà engagés.

8) « La France produit plus d'électricité qu'elle n'en consomme ? « VRAI » dit la CRE, et PNC-France précise que cela sert surtout les économies de nos voisins

9) « Comme la France produit plus d'électricité qu'elle n'en consomme, il n'est pas nécessaire de développer les énergies renouvelables ? « FAUX » dit la CRE, VRAI dit PNC-France, car les EnRi, en renchérissent le prix de l'électricité, freine l'électrification des usages. (voire également notre fil lien

La consommation d'électricité est atone en raison de l'échec de la politique menée, avec l'appui de la CRE, dans le cadre de la LTECV (Loi de Transition Énergétique pour une Croissance Verte) : échec de la décarbonation des usages, prix élevés de l'électricité, avantages donnés au gaz naturel (taxes moitié de celles de l'électricité, pénalisation du vecteur électrique dans le Diagnostic de Performance Énergétique..)

Les gains apportés en réduction de nos émissions de GES sont infimes et ne profitent qu'aux pays voisins, dont beaucoup se sont violemment opposés à la politique énergétique de la France avec son nucléaire et continuent à privilégier le gaz, le charbon et le lignite.

Contrairement à ce que dit la CRE, PNC France pense le développement des EnRi doit (et non « peut ») s'adapter à court terme à l'évolution de la consommation et, à l'horizon 2035, à la nécessaire prolongation de l'exploitation du nucléaire actuel et au développement du nouveau nucléaire.

Merci à PNC ! Pour le texte complet lien