Emmanuel Macron à Fécamp : une zone industrielle en mer de plus, une de trop…et en plein Natura 2000 !
Fécamp : Quelques chiffres : 71 éoliennes de 7 MW soit ~500 MW. : comme à Saint-Nazaire, on va finir par nous expliquer qu'il aurait mieux valu attendre de disposer d'éoliennes plus puissantes
Superficie : 60 km2 (les trois quarts de Belle-Île)
Les éoliennes sont localisées entre 13 et 24 km au large de Fécamp : c'est bien un des problèmes majeurs, en Europe du Nord, la moyenne des parcs est à plus de 40 km des côtes.En raison de la nature de ses côtes, pentues, le littoral français n'est pas favorable à l'implantation d'éolien en mer, qui doit être placé trop près des côtes, multipliant les conflits d'usage, les atteints à la biodiversité, aux paysages…
Coût du projet : Le montant total de l'investissement incluant le raccordement électrique st de l'ordre de 2 milliards d'euros. Pour 500 MW variable, intermittents, c'est cher ! Les coûts de fonctionnement du parc avoisinent 60 millions d'euros par an. Le coût de rachat est de 135,2€/MWh. C'est très cher pour une énergie variable intermittente !
Le projet bénéficie d'une aide d'Etat de 150 millions d'euros par an pendant 20 ans, soit 3 milliards d'Euros au total.
Actionnariat : l'actionnariat original était constitué d'EDF et de Dong Energy. Dong Energy, spécialiste industriel de l'éolien en mer a ensuite été remplacé par un fonds d'investissement canadien Enbridge. La nature du projet en est changé pour un placement essentiellement financier. Par ailleurs, cette valse des actionnaires concernant le contrôle de zones d'importance stratégique est problématique. L'association Libre Horizon a perdu les recours qu'elle avait engagé sur ce sujet.
« Une fois mis intégralement en service, le parc produira une énergie équivalente à la consommation annuelle de 770.000 habitants », soit plus de 60% des habitants de Seine-Maritime : comme d'hab, c'est une quadruple tromperie : 1) Consommation purement domestique et encore sans chauffage : vous travaillez pas, vous prenez pas le train, ni écoles, ni hôpitaux ni usine, vous restez chez vous ; 2) c'est 777000 personnes, mais pas plus de 30%- 40% ( soyons fou) du temps ; 3) c'est pas quand vous en avez besoin, mais quand il y a du vent ; 4) les électrons ne restent pas en Normandie
Atteintes aux paysages et au patrimoine immatériel: les éoliennes sont à 14,9 kilomètres d'Étretat et sont largement visibles des plages de la côte d'Albâtre, d'Étretat à Veulettes, et depuis les falaises dont chacun apprécie le caractère unique par exemple les falaises des Petites Dalles immortalisées par Monet, Pissaro, Delacroix …(cf Association des Petites Dalles). Le parc pourrait compromettre le Classement Unesco et le label « "grand site de France »
Atteintes à la biodiversité : Alors là, c'est le pompon ! Le projet est en effet situé intégralement sur une zone Natura 2000 au titre de la directive Oiseaux, ce qui pourrait poser quelques question quant au non-respect de directives européennes. L'Agence des Aires Marines Protégées a cité, au titre des espèces à protéger : le fulmar boréal, le plongeon, la mouette tridactyle et le grand cormoran, et pour les cétacés ; les marsouins communs, espèce en danger, et les grands dauphins. Mais ladite Agence ne s'est pas opposé au projet ! Quelle palinodie ; ainsi se trouve confirmé le fait que pour l'éolien en mer, on envoie balader 100 ans d'effort de protection de nos littoraux, de leurs oiseaux, de leurs cétacés
Comme Saint-Nazaire, comme Saint-Brieuc, Fécamp n'est ni fait, ni à refaire !
PIEBÎEM soutient un moratoire sur les projets de parcs éoliens actuels, dont Bretagne sud et rappelle son opposition à un programme éolien en mer insensé de 45 GW, qui constitue une industrialisation à marche forcée de la mer côtière sans intérêt climatique dans le contexte français, dangereux pour la sécurité d'alimentation électrique, économiquement et socialement insoutenable, ravageur pour nos paysages littoraux et leur riche biodiversité, avec des promesses fallacieuses d'emploi et de fortes dépendances étrangères, mettant en péril des activités comme la pêche côtière artisanale, le nautisme, le tourisme.









