Entre Belle-Île et Groix, le faux du vrai du faux de Pennavel sur le projet éolien Bretagne Sud

26/02/2026

PIEBÎEM répond à la propagande de Pennavel dans l'article du Télégramme intitulé le vrai du faux sur le projet éolien Bretagne sud lien  .Il est regrettable, que nos démentis ne puissent être publiés en réponse aux tribunes de Pennavel et sous le même format, permettant ainsi un débat qui n'a jamais eu lieu et que la presse devrait permettre : 1) Pennavel, « la localisation actuelle de Bretagne Sud est le meilleur compromis possible » . Faux c'est le pire ! 2) Pennavel : « plus un parc est loin, plus il coûte cher ». Bretagne Sud coûte déjà très très cher… sans permettre un éloignement des côtes ; 3) Pennavel : « Ceux qui demandent un moratoire devront convaincre l'État »; les experts eux sont déjà convaincus, dommage que l'Etat persiste à écouter davantage les lobbys ENR ; 4) Pennavel : «la hauteur des éoliennes inquiète les opposants ». Elle les révolte surtout, parce qu'ils ont été trompés ; en revanche,. elle devrait inquiéter Pennavel..

1) Pennavel, « la localisation actuelle de Bretagne Sud est le meilleur compromis possible » . Faux c'est le pire !

Dans l'article du Télégramme « Entre Belle-Île et Groix, le vrai du faux sur le projet éolien Bretagne sud » (15 février 2026), Pennavel rappelle à juste titre qu'il n'y a eu aucun consensus suite à la concertation de 2021. C'est en effet le principal résultat de la consultation, mis en avant par la CNDP elle-même. PIEBÎEM rappelle que cette concertation a eu lieu en pleine période Covid avec pour résultat un déficit d'information des habitants et des élus locaux ,qui persiste d'autant plus que de l'aveu même de la CNDP, en raison de la mise en œuvre de la loi ESSOC (pour une société de confiance !), il y a eu « peu d'éléments concrets à donner au public »- et qu'en particulier « la carence des données environnementales n'a pas permis de faire de ce facteur un critère discriminant pour le zonage »

C'est bien regrettable, puisqu'il s'agit de la mission principale de la CNDP ! Enfin, la CNDP doute de l'utilité même de son débat puisqu'elle souligne que « le projet breton avait été largement discuté avec les parties prenantes et notamment la Région Bretagne très engagée dans ce projet » cf lien 

Le meilleur compromis dit Pennavel ? Ce n'est pas l'avis de la FNE Bretagne (Fédération Nature Environnement) pourtant très pro-éolienne qui a déclaré : « La zone aujourd'hui choisie par le gouvernement était ressortie à l'occasion du débat public comme une zone à absolument éviter. » ; ce n'est pas l'avis des pêcheurs artisans locaux qui n'ont cessé de se battre contre cette localisation ; et ce n'est peut-être même pas l'avis de RTE qui doit bien constater que « la zone en mer qui a été décidée bien avant le débat public par la région, les pêcheurs et les autorités défense a pour conséquence d'orienter le raccordement sur une côte sensible du Morbihan » ( Concertation Fontaine , 12 avril 2023) lien 

2) Pennavel : « plus un parc est loin, plus il coûte cher ». Bretagne Sud coûte déjà très très cher… sans permettre un éloignement des côtes

En fait Bretagne sud coûte déjà très très cher, puisqu'il aura droit à une aide d'Etat d'un peu plus de 2 milliards d'euros pour treize éoliennes (250 GW), sans laquelle le projet ne serait pas rentable – c'est une des conditions de l'acceptation de l'aide d'Etat par la Commission Européenne payée par les contribuables français sans compter le prix du raccordement pris en charge par l'Etat, et donc encore les contribuables ( 1 milliard). *

La technologie de l'éolien flottant, d'ailleurs non mature est hors de prix. Au Royaume Uni , lors du dernier appel d'offre, le prix d'exercice s'est élevé à 250€/MWh pour des parcs éoliens flottant de 100MW – même eux, pourtant considérés comme « en avance » ne se risquent pas à des parcs plus importants. Et ceci ne comprend pas les coûts de gestion et de congestions du réseau, la compensation des écrêtements en cas de surproduction, le coût du back-up éventuel, le maintien de la stabilité du réseau (fréquence et tension)….

L'éolien flottant est supposé permettre un éloignement des côtes ; or ce n'est pas le cas ici : du coup, on se retrouve avec une zone éolienne industrielle cumulant les inconvénients du posé (maximisation des atteintes paysagères et patrimoniales, à la biodiversité marine littorale et des conflits d'usage ( pêche, tourisme, nautisme) et du flottant (coûts extravagants, immaturité technologique, atteintes majeureset irréversible des fonds marins)

Le bilan coût bénéfice est tellement mauvais qu'Iberdroal a arppelé ne pas vouloir s('engare dans cette direction : « Pour le premier appel d'offres commercial AO 5 attribué à Pennavel pour Bretagne sud puis pour AO6 Méditerranée décembre 2024 à Eflo et Méditerranée Grand Large, il est permis d'avoir des doutes sur leur viabilité … Le flottant suscite aujourd'hui de nombreuses problématiques qui restent à résoudre… Ces technologies encore récentes, manquent de recul et d'expérience pour être pleinement maitrisées » :lien 

3) Pennavel Ceux qui demandent un moratoire devront convaincre l'État; les experts eux sont déjà convaincus, dommage que l'Etat persiste à écouter davantage les lobbys ENR

En ce qui concerne le moratoire sur les ENR électriques non pilotables, il est réclamé par l'Académie des Sciences, l'Académie des technologies, le Haut Commissaire à l'énergie atomique qui constatent que, compte-tenu de l'atonie de la demande électrique, nous n'avons pas besoin de production électrique supplémentaire d'ici 2035 ; mais cette demande se heurte visiblement à des intérêts puissants…. Lien ; lien ; lien 

4) Pennavel : « la hauteur des éoliennes inquiète les opposants ». Elle les révolte surtout, parce qu'ils ont été trompés ; en revanche,. elle devrait inquiéter Pennavel..

La hauteur des éoliennes (340 mètres, plus ?) a en effet de quoi inquiéter non seulement les opposants comme le dit Pennavel, mais tous les habitants du littoral du Morbihan et ceux qui aiment à le fréquenter, qui ont été trompés lors du débat CNDP puisque la DREAL affirmait alors que « les photomontages présentés prenaient une hypothèse maximisante, avec 20 éoliennes d'une hauteur de 260 mètres en bout de pale ». lien 

Elle inquiète aussi d'ailleurs la CRE (Commission de Régulation de l'Energie) qui parle d'aventurisme technologique et de « développeurs n'escomptant pas de freins technologiques pour poursuivre la montée en puissance des machines. » A PIEBÎEM, nous suspectons même qu'elle inquiète Pennavel… lien

Plus grandes, elles seront moins nombreuses, certes, mais se verront de plus loin (deux fois plus haut que les éoliennes de Saint-Nazaire Guérande) et plus espacés, elles encombreront finalement davantage l'horizon.

Lorsqu'en plus Pennavel ajoute que, confrontés à des dossiers de 6000 pages, les élus n'ont pas besoin de tout lire et peuvent se contenter des résumés (fournis par Pennavel) , on comprend que les élus locaux et le peuple du littoral ont donc quelques raisons de s'être senti méprisés. D'où la colère actuelle.

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