Eolien en mer : grosses difficultés en Mer du Nord : manque de place, coûts croissants, pas de rentabilité

08/03/2026

Sale temps en effet pour l'éolien en Mer du Nord lorsque les experts avouent que les prévisions du programme de Hambourg sont intenables, et de beaucoup ; que Vattenfall déclare que la mer est pleine et que l'Allemagne devrait implanter ses parcs en mer chez ses voisins ; que le Danemark invite à investir dans l'éolien en mer… en France ; que le gestionnaire de risque DNV appelle à un plan Marshall européen pour l'éolien en mer et que les conflits liés aux effets de sillage se multiplient.

1) L'éolien en mer en panne- le gros bluff de la mer du Nord ;2)Les raisons physiques du ralentissement de l'éolien en Mer du nord : la Mer du Nord est déjà pleine, n'en jetez plus !; 3) Du coup, pourquoi ne pas implanter des éoliennes dans les mers des voisins ? 4) Quand le Danemark invite à investir dans l'éolien en mer…en France ; 5) Quand DNV appelle à un plan Marshall pour l'éolien en mer en Europe ; 6) Les effets de sillage externes deviennent un risque de plus en plus critique pour les performances et la rentabilité des projets

1) L'éolien en mer en panne- le gros bluff de la mer du Nord

Excellent article de Loïc Fabrègues dans le Marin sur l'éolien en mer, qui fait le constat d'un nouveau ralentissement de l'éolien en mer et de promesses bien aventureuses : lien : « Avec moins de 2 GW connectés au réseau l'an dernier, l'éolien en mer européen avance au ralenti. À ce rythme là, difficile encore de croire que dans les 25 années qui nous séparent de 2050, les neuf États européens dont la France seront capables d'atteindre 300 GW en service en mer du Nord, comme ils s'y sont de nouveau engagés dans la déclaration d'Hambourg, signée le 26 janvier. Ils ne sont même pas à 40 GW aujourd'hui. Chacun fera le calcul »

Ce constat, repris du rapport 2025 de Wind Europe, le lobby européen de l'éolien confirme ce que PIEBÎEM avait écrit après le récent sommet de Hambourg début février : « le lobby éolien et la presse spécialisée se sont gargarisé » avec le sommet de la Mer du nord du 26 janvier, promettant 300cGW d'éolien offshore et mille milliards € d'investissement pour 2050 – les bonnes nouvelles pour eux deviennent si rares. Sauf que.. ce sommet mirobolant n'a fait que reprendre des objectifs déjà énoncés il y a deux ans, qui n'ont pas été tenus et ne sont pas prêts de l'être, pour d'excellents raisons qui vont de la physique à l'économie. Lien 

2) Les raisons physiques du ralentissement de l'éolien en Mer du nord : la Mer du Nord est déjà pleine, n'en jetez plus ! lien

Dans un article assez roboratif, lien , la patronne de Vattenfall alerte : les espaces pour les parcs éoliens en mer du Nord sont limités.

Selon Anna Borg, directrice générale de Vattenfall, la disponibilité des terrains pour les parcs éoliens en mer du Nord allemande pose problème. « En mer du Nord allemande, les surfaces pour l'offshore sont limitées. Cette situation complique la planification des zones de parcs éoliens et entraîne parfois des interferences entre installations… Un parc éolien fait de l'ombre à un autre »

En Allemagne, un débat est en cours quant à l'attractivité des zones éoliennes situées dans la zone économique exclusive allemande, et leur capacité à attirer des acheteurs. En août 2025, l'Agence fédérale des réseaux n'a pas réussi à mettre aux enchères deux terrains en mer du Nord. En janvier, il a été révélé que le gouvernement allemand envisageait de reporter une adjudication initialement prévue cette année. Vattenfall a examiné les terrains mis aux enchères l'an dernier, mais a finalement renoncé à soumettre une offre pour des raisons de rentabilité, explique Borg : « Cela ne nous a pas semblé attractif. Si le gouvernement avait couvert les risques de prix, notre évaluation aurait peut-être été différente. » ( Ben voyons !)

3) Du coup, pourquoi ne pas implanter des éoliennes dans les mers des voisins ?

Du coup-, les Allemands veulent délocaliser leurs parcs éolien en mer…à l'étranger. Ainsi, une étude de l'institut Fraunhofer a montré que la construction de parcs éoliens allemands dans des pays européens voisins pourrait réduire les coûts de la transition énergétique. Selon l'association fédérale de l'énergie éolienne offshore, cela permettrait d'économiser plusieurs milliards d'euros.

Selon Borg (Vattenfall) , la possibilité de résoudre le manque d'espace en construisant des parcs éoliens exclusivement destinés au marché allemand dans les zones maritimes danoises ou suédoises mériterait d'être étudiée. « Dans le même temps, nous disposons déjà d'un système énergétique européen intégré, dans lequel l'électricité circule entre l'Allemagne et d'autres marchés.

4) Quand le Danemark invite à investir dans l'éolien en mer…en France

Dans le même ordre d'esprit, le décret PPE3 a peine voté, l'Ambassade du Danemark (et du Groenland) à Paris a publié une série de planches en anglais alertant les entreprises sur les opportunités de fabrication et d'installation liées aux appels d'offre de la PPE3 notamment dans l'offshore l'offshore marin. Lien 

On peut ainsi y lire que les promoteurs éoliens bénéficient en France d'une planification de long terme avec un environnement réglementaire stable, d'un environnement financier attractif avec une stabilité et une garantie sur les prix via les Cfd( Contrats pour Différence) , des mécanismes d'indexation, des aides diverses et la prise en charge par l'Etat des coûts de raccordement ( privilège unique en Europe), une forte acceptation locale ( ???) appuyée sur des consultations publiques, des zones de développement déjà désignées et des études support déjà menées. Les infrastructures portuaires existent et l'on peut s'appuyer sur la capacité et la volontés des communautés locales de les développer ( mais qui paiera ?) . Enfin, l'Ambassade du Danemark à Paris vante un processus de planification et d'obtention des permis simplifiés, qui permet de réduire les temps de développement.

Bref, le Danemark ( ex-paradis de l'éolien en mer, mais avec un appel d'offre à zéro réponse en 2025) lien  , considère que la France est grâce au décert PPE3 le nouveau paradis de l'éolien en mer. Décidément, le lobby éolien en mer a bien travaillé en France !

5) Quand DNV appelle à un plan Marshall pour l'éolien en mer en Europe

La situation doit être grâve pour que DNV ( Det Norske Veritas), le géant de l'assurance et de la gestion des risques qui opère dans plus de 100 pays appelle à un plan Marshall pour l'éolien en mer en Europe dans un article intitulé : Un plan Marshall pour l'éolien en mer pour l'Europe : l'éolien offshore à un carrefour lien 

« Alors que les chefs d'État européens et les ministres de l'énergie se préparaient pour le troisième sommet de la mer du Nord le 26 janvier à Hambourg, il était clair que les objectifs éoliens en mer convenus lors du précédent sommet à Ostende seront largement manqués en 2030 (environ 50 %, soit 60 GW au lieu de 120 GW).

Qu'est-ce qui cause l'échec des projets aujourd'hui en Europe ? Il y a essentiellement quatre points à mentionner ici : Coûts de financement et d'investissement plus élevés, Coûts plus élevé de la chaîne d'approvisionnement (stimulé par la demande et l'augmentation des prix des matières premières) , Des changements sur le marché de l'électricité avec un nombre croissant d'heures de bas prix, associés à une hausse lente de la demande d'électricité , Une standardisation insuffisante des méthodes de construction – une réflexion limitée en matière de production industrielle à grande échelle. »

6) Les effets de sillage externes deviennent un risque de plus en plus critique pour les performances et la rentabilité des projets

Cf notre note lien : « Avec l'accumulation des parcs éoliens en mer revient l'effet de sillage qui peut faire baisser jusqu'à 30% la production électrique des parcs – et les rendre non rentables. Les études sur l'ampleur du phénomène de ces « vols de vents », comment les prendre en compte et comment les mesurer se multiplient ainsi que les conflits entre promoteurs éoliens, au point de remettre en cause certains projets, avec des pertes de rentabilité importantes et des demandes d'indemnisation. a Mer du Nord devient vraiment encombrée, et en Angleterre, Allemagne et pays nordiques, les conflits entre promoteurs éoliens pour « vol de vent » se répandent. Fin mars 2025, le cabinet d'Aegir Insights avertissait: « À mesure que le déploiement de l'éolien offshore se développe à l'échelle mondiale, les effets de sillage externes deviennent un risque de plus en plus critique pour les performances et la rentabilité des projets « lien 

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