Instance de concertation et de suivi (ICS) de Bretagne sud 1 : ça démarre très très mal – le Préfet veut passer en force
Le 4 décembre 2025 a eu lieu à Vannes la première séance de la très mal nommée Instance de Concertation et de Suivi (ICS) du projet de parc éolien flottant Bretagne-Sud dans un climat d'emblée délétère. Les opposants au projets, dont PIEBÎEM ont été exclus de l'ICS et des groupes de travail, c'est plus commode pour propager tranquillement propagande et mensonges et masquer les problèmes. 1) Instance de Suivi et de Concertation : réservée à ceux qui ne poseront pas trop de questions gênantes ; 2) La brutalité institutionnelle, le mensonge technique et le verrouillage administratif qui entourent l'AO5 relèvent d'une dérive autoritaire (FED) ; 3) Information ou propagande ? C'est plus facile en l'absence des associations et Pennavel et l'Etat mentent sans vergogne ; 4) « Votre opposition ne sert à rien ! »les élus et les citoyens méprisés : l'ICS, c'est du foutage de gueule !; 5) Pour PIEBÎEM, un comportement de l'Etat inacceptable qui annonce déjà qu'il accordera toutes les autorisations nécessaires, quelles qu'en soient les conséquences
1) Instance de Suivi et de Concertation : réservé à ceux qui ne poseront pas trop de questions gênantes
Le 4 décembre 2025 a eu lieu à Vannes la première séance de la très mal nommée Instance de Concertation et de Suivi (ICS) du projet de parc éolien flottant Bretagne-Sud Coprésidée par le préfet du Morbihan, Michael Galy, le préfet maritime de l'Atlantique, Jean-François Quérat et le vice-président de Région, Daniel Cueff, cette instance est censée avoir pour vocation « d'assurer un espace de dialogue entre les acteurs impliqués (l'État, Pennavel, le Réseau de transport de l'électricité (RTE), la Région, les usagers de la mer et permettre l'expression des territoires ; « assurer un espace de dialogue durable et contribuer à une gestion du parc et de son raccordement au plus près des préoccupations locales. ».
Quatre groupes de travail ont été mis en place pour traiter des thématiques clés : l'emploi, la formation et l'économie ; le suivi environnemental ; la cohabitation avec la pêche et les différentes activités maritime et la sécurité en mer… Sur ces sujets-là, PIEBÎEM a beaucoup de choses à dire et il ne pourra pas le faire dans cette institution.
2) La brutalité institutionnelle, le mensonge technique et le verrouillage administratif qui entourent l'AO5 relèvent d'une dérive autoritaire (FED)
PIEBÎEM, ainsi que d'autres associations opposées au projet, avait demandé à faire partie de cette Instance et a reçu une réponse négative, signée du Préfet du Morbihan, du Préfet de la Région Bretagne et du Préfet Maritime de l'Atlantique, au motif que la liste des membres avait été arrêtée le 9 juillet 2025…date de parution de l'arrêté annonçant la constitution de cette instance !
Notre association est reconnue, notamment par la CNDP pour la qualité de ces contributions aux divers débats concernant l'éolien en mer en général, et Bretagne sud, en particulier. Les autorités gouvernementales semblent donc avoir décidé que la concertation et les informations sur le suivi du projet seront réservées aux parties prenantes et à des associations qui l'approuvent, alors que l'arrêté de création stipulait que sa composition comprend « des représentants des usagers et associations compétents ou concernés directement par le projet » et qu'elle devait permettre un échange entre l'État, les collectivités, les usagers de la mer et les associations concernées. »
PIEBÎEM dénonçe donc un déni de démocratie et la volonté de l'Etat de passer en force, malgré toutes les interrogations que peut poser ce projet éolien Bretagne sud, quant à son intérêt pour la politique énergétique d'une part, et qui d'autre part, cumule les inconvénients de l'éolien flottant et du posé et comporte des atteintes patrimoniales, paysagères, sur la biodiversité, sur la pêche exceptionnelles. Il suscite d'ailleurs une opposition croissante des populations littorales au fur et à mesure qu'il en est mieux connu.
Pour sa part, la FED, dont PIEBÎEM est membre. a dénoncé une manœuvre d'État d'une gravité exceptionnelle : sous prétexte de concertation, les autorités ont sciemment écarté les associations capables de contester un projet déjà décidé en coulisses. Ce refus d'entendre les acteurs du terrain n'est pas une erreur, c'est une stratégie : neutraliser les voix critiques pour imposer un parc éolien par la force, au mépris absolu de la démocratie et de la loi. La brutalité institutionnelle, le mensonge technique et le verrouillage administratif qui entourent l'AO5 relèvent d'une dérive autoritaire qui n'ose pas dire son nom. La FED refuse de cautionner cette mise au pas et entend exposer publiquement ces pratiques indignes d'un État républicain. (FED, Jean-Louis Butré) (NB A Saint-Nazaire, des opposants au projets étaient présents dans l'ICS et les groupes de travail)
3) Information ou propagande ? C'est plus facile en l'absence des associations et Pennavel et l'Etat mentent sans vergogne !
Certes, le suivi et la concertation sont certainement plus faciles en l'absence des associations critiques. Ainsi
- On peut par exemple affirmer uniment que « ce parc (AO5) satisfera les besoins d'électricité de 450 000 habitants soit l'équivalent de 13 % de la population bretonne », sans rappeler qu'il ne s'agit que de la consommation domestique, que l'électricité délivrée est intermittente et non corrélée à la demande…et qu'elle ne reste pas en Bretagne.
- On peut aussi dire que « l'instance a également permis de rappeler la compatibilité des projets de parcs éoliens en mer, et notamment de leur raccordement, avec l'inscription en juillet 2025 au patrimoine mondial de l'Unesco des mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan… sans réaction officielle de l'Unesco, sans rappeler que l'Unesco a empêché la construction de trois éoliennes terrestres de 100 mètres à proximité du Mont Saint-Michel, sans rappeler la problématique de l'atterrage et du passage de trois câbles de 225000 volts à travers une partie non fouillée du périmètre Unesco d'Erdeven, et sans que l'on connaisse encore les résultats des fouilles préventives menées par l'INRAP lien lien
- On peut aussi dire que Pennavel a apporté de premières réponses factuelles concernant les interactions avec la pêche et les enjeux environnementaux et qu'il a pu le faire sans contradiction … alors que le rapport pourtant commandé par la Région Bretagne remet sérieusement en question les possibilités de pêche dans le « parc » en raison des spécificités de l'éolien flottant. lien lien
4) « Votre opposition ne sert à rien ! » ; les élus et les citoyens méprisés :-l'ICS, c'est du foutage de gueule !
Le comble de la morgue a été atteint avec cette déclaration rapportée par certains : « « votre opposition ne sert à rien, car il s'agit d'une décision nationale et le projet de toute façon se fera »… lien
Or les élus locaux du Morbihan, pour la plupart, ont rappelé qu'ils « n'ont jamais été associés à rien du tout », (Philippe Le Ray, Président d'AQTA), qu'il se sont toujours opposés à un « parc » éolien aussi proche des côtes et se sont mis en colère devant le manque de considération de l'Etat et des parties prenantes ( RTE, Pennavel) : « Participer à des groupes de travail, « si c'est pour valider ce qu'on ne veut pas, cela me pose un problème de fond »,(Philippe Le Ray) Stéphanie Doyen Saint-Pierre-Quiberon) « l'absence de concertation est humiliante pour les territoires ». Fabrice Robelet (Maire de Brec'h) regrette « une fausse concertation .. Ce n'est pas acceptable, c'est du foutage de gueule » En conséquence, ces 17 élus présents d'AQTA ont décidé d'émettre « un avis défavorable « sur l'ensemble des consultations menées par l'État dans le cadre du projet de parcs et de leurs raccordements ». lien
5) Pour PIEBÎEM, un comportement de l'Etat inacceptable
PIEBÎEM rappelle que l'enquête publique n'a pas été encore été faite, l'avis du CNPN n'est pas rendu, les autorisations environnementales n'ont pas été données, nous n'avons pas les résultats des diagnostics archéologiques mais l'administration, qui aura in fine à accorder les dérogations réglementaires, considère déjà que les atteintes sur les fonds rocheux uniques, les menaces sur l'avifaune et la faune marine, les atteintes paysagères et patrimoniales exceptionnelles, les conflits d'usages avec la pêche, le nautisme, le tourisme ne modifieront à aucun moment sa décision qui est déjà prise.
C'est inacceptable, du foutage de gueule comme le disent les élus…






