Le décret PPE3, c’est open bar pour les oligarques de l’éolien en mer. PIEBÎEM, avec la FED et d'autres associations, attaque le décret PPE3 !

23/02/2026

Dans un fil précédent lien PIEBÎEM a expliqué pourquoi le passage de la PPE3 par un décret non précédé d'une loi était problématique démocratiquement et juridiquement, puis dans un second fil nous avons mis en avant les incohérences, les mensonges d'Etat et la propagande qui ont « émaillé » la présentations de la PPE3.  lien Dans ce troisième volet focalisé sur l'éolien en mer, PIEBÏEM dénonce un décret open bar pour les oligarques de l'éolien en mer. 1) Les objectifs du plan éolien en mer maintenus mais légèrement retardés : 18 GW en 2037 (au lieu de 2035) et 45 GW maintenus en 2050. Soit 36 et 90 équivalent Saint-Nazaire ! ; 2) Les avertissements de l'Académie des Sciences, des experts, de RTE et de la CRE sur l'éolien en mer ont été ignorés par le gouvernement qui a tout cédé au lobby éolien en mer ; 3) Les côtes françaises ne sont pas favorables au développement de l'éolien en mer ; 4) PIEBÎEM attaque le décret PPE3 avec la FED, Vent de Colère, Sites et Monuments et plusieurs associations du littoral breton (Gardiens du Large, Enviro Veritas pour la Bretagne)

1) Les objectifs du plan éolien en mer maintenus mais légèrement retardés : 18 GW en 2037 (au lieu de 2035) et 45 GW maintenus en 2050. Soit 36 et 90 équivalent Saint-Nazaire !

Extraits du décret lien  Objectif de 15 GW en 2035 ; Attribuer l'AO9, lancé dans le cadre de la PPE2. ; Lancement d'un appel d'offres de grande capacité pour un total d'environ 8 à 10 GW, avec un objectif d'attribution fin 2026, en s'appuyant notamment sur la cartographie des zones prioritaires à l'horizon 10 ans publiée dans la décision interministérielle du 17 octobre 2024, et qui sera intégrée aux stratégies maritimes de façades publiées en 2025 ; Lancement d'un ou plusieurs appels d'offres complémentaires en s'appuyant notamment sur les zones restantes de la cartographie des zones prioritaires à l'horizon 10 ans, permettant d'atteindre un total d'au moins 26 GW attribués (incluant les projets en service) d'ici à 2030-2031. Lien 

Objectif : viser 15 GW de puissance installée en 2035 en élaborant une planification par façade maritime, en lançant des procédures conduisant à l'attribution, d'ici à fin 2026, de jusqu'à 10 GW de puissance supplémentaire, et en poursuivant le développement de la filière de l'éolien flottant

La capacité éolienne en mer installée en 2030 devrait être de 3,6 GW, et les procédures des appels d'offres 4 à 9, en cours ou attribués, permettront d'atteindre dans les années suivantes une puissance totale d'environ 9,5 GW. L'enjeu sera ensuite d'atteindre au moins 15 GW de puissance installée en 2035 et 18 GW en 2037, via un ou plusieurs appels d'offres multi-GW, tout en créant les conditions de la poursuite d'un développement ambitieux dans les années qui suivront

Si le développement de l'éolien en mer s'est largement accéléré depuis 2019, avec en outre des extensions déjà identifiées pour certains parcs, une planification de long terme est nécessaire pour atteindre un objectif d'au moins 45 GW en 2050. Dans ce but, un débat public s'est tenu sur les quatre façades maritimes de la France métropolitaine, du 20 novembre 2023 au 26 avril 2024, sous l'égide de la Commission nationale du débat public (CNDP) pour évoquer les questions relatives à l'avenir de la mer, du littoral, de la biodiversité marine et de l'éolien en mer. Il visait notamment à planifier les zones de projet prioritaires devant être attribuées dans le cadre de la présente PPE, ainsi que de préidentifier des zones, potentiellement plus larges, pour les projets à plus long terme (mise en service entre 2040 et 2050).

Ces différentes zones ont été intégrées à la décision interministérielle du 17 octobre 2024. Pour sécuriser la trajectoire à 2035, la PPE 3 prévoit notamment d'attribuer de l'ordre de 8 à 10 GW supplémentaires d'ici à fin 2026 (AO10), dans des localisations identifiées à l'issue des débats publics passés.

Dans une logique de cadencement et en cohérence avec les objectifs du pacte éolien en mer, un ou plusieurs nouveaux appels d'offres d'une taille équivalente pourront être lancés d'ici à 2030, de façon à atteindre au moins 26 GW en service en 2040.

La répartition géographique et la répartition entre technologies posé et flottant des parcs des appels d'offres 10 et suivants tiendra notamment compte de la cartographie jointe à la décision interministérielle du 17 octobre 2024.

Au-delà de l'objectif d'une puissance cumulée de 26 GW attribuée d'ici à 2030-2031, il s'agira de poursuivre le rythme d'attribution, en cohérence avec l'objectif d'au moins 45 GW en service en 2050. La localisation des parcs nécessaires pour atteindre l'objectif 2050 fera l'objet de nouvelles phases de participation du public, notamment à l'occasion de la révision des documents stratégiques de façade. »

2) Les avertissements de l'Académie des Sciences, des experts, de RTE et de la CRE sur l'éolien en mer ont été ignorés par le gouvernement qui a tout cédé au lobby éolien en mer

PIEBÎEM : Le décret ignore superbement le contexte national, celui d'une surproduction massive d'électricité qui est là pour durer. Les experts indépendants l'ont dit : d'ici 2035, nous n'avons besoin d'aucune production supplémentaire (Académie des sciences, Académies des technologies) et toute surproduction massive entrainera une augmentation des productions à perte et donc des coûts lien https://piebiem.webnode.fr/l/le-retour-de-la-ppe3-piebiem-refait-le-point-et-confirme-sa-demande-de-moratoire-sur-l-eolien-en-mer-retour-sur-une-longue-bataille/ « Chaque actif nouvellement installé sera quasi échoué dès son inauguration, c'est-à-dire qu'il ne pourra produire que marginalement. Cela se traduira par des surcoûts considérables pour le contribuable, pour une électricité qui ne sera pas produite. (Haut-Commissaire à l'Energie Atomique) lien 

Le décret ignore aussi superbement que le contexte électrique a changé : le plan éolien en mer et ses 18 W en 2035 date de la PPE2 qui prévoyait la fermeture de 14 réacteurs nucléaires,. Les plans actuels , et heureusement, ne laissent plus présager aucune fermeture de centrale non justifiée par son état et envisagent la construction de 6 voire 14 centrales nucléaires à l'horizon 2050. Passer de 14 réacteurs fermés à la construction de 14 nouveaux réacteurs nucléaires n'auraient aucun effet sur les besoins réels d'éolien en mer ???

Le décret ignore tout aussi superbement le travail que fait RTE sur son schéma d''investissement décennal (SDDR), dans lequel il reconnait enfin que la demande d'électricité n'augmente pas, mais baisse, et de manière durable, et accepte maintenant comme probables des scenarios dit « décarbonation lente » (que nous préférons appeler « décarbonation réaliste ») proches de celui préconisé par l'Académie des Sciences, avec une demande électrique fortement réduite - 505 TWh en 2035. Dans ces scénarios « décarbonation réaliste, l'éolien en mer est fortement diminué : 7-10 GW par rapport aux 18 GW du plan éolien en mer en 2035. Et c'est même aussi le cas dans le scenario très hypothétique « décarbonation rapide » où il est réduit à 13 GW. (cf tableaux ci-joint)

Donc les scénarios de RTE scenarios entérinent tous la fin de l'objectif de 18 GW d'éolien en mer en 2035 alors que le décret PPE3 les maintient en se contentant de les décaler légèrement de deux ans.

Le décret ignore tout aussi superbement les remarques de la CRE sur l'éolien en mer, que le coûts de raccordement spécifiques de l'éolien en mer (45 milliards sur les 100 milliards prévus par RTE) fait un peu tousser. La CRE fait remarquer que les projections pour l'éolien en mer s'appuient sur une trajectoire de demande maximaliste obsolète, que les coûts des raccordements des parcs éoliens en mer en forte hausse et appelle à remettre en cause la demande exprimée lors du débat CNDP d'éloignement des parcs et insiste sur le coût et le manque de maturité technique de l'éolien flottant. Enfin, l a CRE appelle RTE à la prudence quant à l'anticipation des commandes en raison du risque de coûts échoués et demande des dépôts de garantie plus élevés. lien 

Donc la CRE appelle à diminuer la part de l'éolien en mer en raison des coûts et appelle à diminuer la part de l'éolien flottant : le décret PPE3 n'en tient aucun compte.

3) Les côtes françaises ne sont pas favorables au développement de l'éolien en mer

Le décret ¨PE3 ignore aussi superbement la géographie la plus élémentaire et les avertissements des associations qui partout sur le littoral se battent contre des projets éoliens en mer et rappellent que le littoral français n'est pas du tout favorable à "l'accueil » de l'éolien en mer en raison de ses côtes rocheuses et pentues, qui imposent des parcs à proximité des côtes.

L'éolien en mer c'est aussi des coûts sous-évalués et des impacts majeurs sur les territoires littoraux :: atteintes aux paysages maritimes et aux sites naturels ; risques pour la biodiversité et les fonds marins ; problèmes de sécurité maritime, notamment dans des zones de trafic intense ( Manche - Mer du Nord); impacts directs sur la pêche, le tourisme, la plaisance et l'économie locale. Enfin, il est incroyable et inadmissible que de le développement continu de l'éolien en mer ait été entériné par ce décret PEE3 sans aucune étude en coûts complets.

4) PIEBÎEM attaque le décret PPE3 avec la FED, Vent de Colère, Sites et Monuments et plusieurs associations du littoral breton (Gardiens du Large, Enviro véritas pour la Bretagne) lien 

Il est assez clair que nous devons tout faire pour combattre ce décret PPE3, qui est juridiquement fragile comme nous l'avons expliqué – et les promoteurs éoliens, qui crient victoire seront en fait peut-être assez réticents avant de s'engager sur une mer aussi agitée.

PIEBÎEM se joint à l'initiative de la FED : » La Fédération Environnement Durable (FED) et vent de colère Fédération nationale annoncent qu'une requête en annulation contre le décret relatif à la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE 3) a été déposée devant le Conseil d'État. La requête, CE 512882, a été enregistrée le mercredi 18 février 2026 à 12 h 21.

Elle est portée conjointement par les organisations nationales et régionales suivantes :
Fédération Environnement Durable (FED), Vent de Colère ! Fédération nationale, Sites & Monuments, Belle Normandie Environnement (BNE), Collectif Régional d'Experts et de Citoyens pour l'Environnement et le Patrimoine (CRECEP), Enviro Veritas, Stop Éoliennes Hauts-de-France, Fédération Vienne Environnement Durable, Les Gardiens du Large, Préserver l'Identité Environnementale de Bretagne Sud et des Îles contre l'Éolien en Mer (PIEBIEM), Sauvegarde Sud-Morvan et Villes et Villages en Campagne.

Les requérants demandent l'annulation du décret. «

NB : Cette demande est principalement motivée par l'illégalité du décret dès lors illégal dès lors qu'il n'a pas été précédé par l'adoption d'une loi qui détermine les objectifs et fixe les priorités d'action de la politique énergétique nationale, conformément à l'article L. 100-1-A du code de l'énergie qu'il vise pourtant.

CP : Eolien flottant : les associations bretonnes au Conseil d'Etat contre la PPE

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