Le SPI Ouest-France, la Trinité, l‘avenir du nautisme et l’industrie éolienne : le nautisme doit s’exprimer !
En novembre 2025, lors des 7ème assises de la Mer du Pays d'Auray et du Paris Nautic Show, PIEBÎEM avait dénoncé le grand silence autour des zones éoliennes en mer et des conflits d'usage évidents avec le nautisme, sans même parler du plaisir de slalomer entre les zones éoliennes et des horizons perdus. A l'occasion du SPI Ouest-France, PIEBÎEM rappelle quelques prises de position du milieu du nautisme dans les débats récents et le lancement d'une enquête sur la perception de l'éolien en mer (déja installé ou en projet) par les pratiquants et professionnels des sports nautiques. Lien
1) Le nautisme, un secteur important pour l'économie de la mer, avec des champions français ; 2) La zone entre Groix et Belle-île est toujours très fréquentée et il n'est pas acceptable d'y positionner des éoliennes. Qui paie pour les nouveaux risques ? 3) Une véritable insulte à la qualité et la beauté. Eloigner le parc Bretagne sud !; 4) Appel de Thierry Chabagny : Eoliennes en mer, qui ne dit rien consent ! 5) Navigateurs, skipper, amateurs de sports nautiques, exprimez-vous ! L'enquête de PIEBÎEM
1) Le nautisme, un secteur important pour l'économie de la mer, avec des champions français
« Avec 150 000 emplois directs et indirects, plus de 5500 entreprises dans les différentes composantes de la filière nautique (production, distribution, services), un leadership international affirmé, un taux d'export de 80% de sa production, l'excellence de ses structures sportives, la vitalité de son innovation, le nautisme français est un atout pour les littoraux et les espaces côtiers de notre pays. Ce secteur s'appuie sur un réseau dense d'infrastructures portuaires et de bases nautiques : 500 ports de plaisance offrant 252 000 places de port ainsi que plus de 1000 bases nautiques. » Confédération du Nautisme et de la Plaisance, Cahier d'Acteur La Mer en Débat, lien
2) La zone entre Groix et Belle-île est toujours très fréquentée et il n'est pas acceptable d'y positionner des éoliennes. Qui paie pour les nouveaux risques ?
« L'implantation du parc éolien (Bretagne-sud) est donc jugée selon ces principes. Il n'est pas du rôle de la FNPAM de statuer sur la nécessité de cette installation laissant ce choix aux terriens, peut-être pas mécontents de mettre en mer ce qu'ils ne veulent pas voir sous leurs fenêtres !
Les éoliennes ne doivent pas faire obstacle à la libre navigation. A ce jour, il n'existe pas de moyens de connaître les fréquentations des zones concernées par la plaisance contrairement aux pêcheurs ou navires pourvus d'AIS. Certes, la concentration de navires de plaisance diminue avec la distance des côtes en particulier au-delà de 12 milles. Par contre, des routes de circulation existent traditionnellement pour les plaisanciers, passant parallèlement aux côtes au large des Glénan et Belle-Île ou allant ou revenant d'Espagne vers la Bretagne. Le monde de la course au large est connu pour quelques épreuves sur ces axes. La zone entre Groix et Belle-île est toujours très fréquentée et il n'est pas acceptable d'y positionner des éoliennes en plus des trois éoliennes pilotes déjà prévues ( NB il s'agissait du projet éolien expérimental EOLFI qui n'a jamais vu le jour) »
Il est étonnant qu'aucune obligation de moyens de secours ne soit à charge des exploitants. Les éoliennes vont sûrement gêner le secours par hélicoptère et il faudra équiper les stations proches de navires rapides adaptés avec des équipages disponibles. Qui va les organiser et les financer ?...
Le dossier donne peu de précisions sur les risques de circulation à travers ces lignes d'éoliennes de nouvelle technologie. Aussi s'il fallait contourner les champs d'éoliennes, le détour sans doute de plus de 10 milles pourrait constituer un obstacle majeur à la pratique des activités nautiques dans cette zone. De plus, la création de nouveaux risques pour la navigation doit obliger l'exploitant à en assurer la prévention et le coût. La FNPAM restera vigilante sur ces sujets de libre circulation et de sécurité ». Fédération nationale des Associations de Plaisanciers de l'Atlantique et de la Méditerranée, Cahier d'Acteur, débat CNDP A05 lien
3) Une véritable insulte à la qualité et la beauté. Eloigner le parc Bretagne sud !
La FNPP ne s'oppose pas fondamentalement à l'utilisation de production d'énergie propre (Eolien, Hydrolien, etc), mais reste très inquiète d'une implantation « éolienne » telle que proposée en termes de coordonnées d'implantation et qui se révélerait comme une véritable insulte à la qualité et la beauté reconnues à tous les niveaux de cette zone géographique sélectionnée. Cette zone est d'ailleurs très fortement et largement protégée et surveillée par les services de l'Etat qui en punit avec raison toute atteinte sur d'importants périmètres tant terrestres que maritimes et il conviendrait donc d'en éloigner l'atteinte en déportant la réalisation plus au large. Ces aspects sont d'ailleurs très largement commentés par de nombreux observateurs.
Les coûts en seraient certainement impactés mais la nature et les sites protégés de la région en valent sans réserve le prix.
L'implantation éolienne en mer déplace plus loin les problèmes terrestres (voisinage, éloignement des habitations, acoustique, etc...) mais entraînera de nouvelles conséquences jusque-là inconnues (corrosion, pollution, dérangement environnemental …). La FNPP restera vigilante sur la mise en place de ce projet et continuera à défendre une navigation sécurisée et afin que la mer reste aussi un lieu de plaisir et de liberté. Fédération Nationale de la Plaisance et des Pêches en mer, Cahier d'Acteur, débat CNDP/AO5 lien
NB : Les possibilités d'éloigner la zone éolienne Bretagne sud sont très limitées, compte-tenu de la présence de zones réservées défense
4) Appel de Thierry Chabagny : Eoliennes en mer, qui ne dit rien consent !
« Ce n'est pas vraiment mon style de faire ça, mais là j'ai un peu de mal à comprendre le silence radio de mes amis navigateurs sur le sujet des centrales éoliennes qui se profilent à grands pas sur nos côtes !
Michel Desjoyeaux, Armel Le Cleac'h, François Gabart, Charles Caudrelier, Franck Camas, Loïc Peyron, Sam Davies, Roland Jourdain, Yann Eliès, Jean Le Cam, Paul Meilhat, Charlie Dalin, Jérémie Beyou, Thomas Coville, Kevin Escoffier, Isabelle Autissier et tous les autres que ne cite pas, et qui surfent sur la vague de l'écologie !
Vous êtes pour ou contre l'implantation de ces monstres de 260 mètres de haut ? Vous ne vous êtes pas posé la question ? Vous vous êtes renseignés sur l'intérêt écologique de ces « parcs » ?
Trop préoccupés par la préparation de vos bateaux pour vous intéresser à ce sujet ? Si vos notoriétés acquises à coups de Tour du Monde, de Tour de l'Europe, de Tour de France, de Tour de Bretagne ne servent pas à protéger nos côtes, mais vos intérêts et/ou ceux de vos sponsors, alors arrêtez de nous servir la soupe écologique à chaque départ de course, ou plateau télé, ou interview en mer !
Sinon, c'est que vous êtes de simples pilotes sans âmes, mais je ne le crois pas !... » Appel ci-joint
5) Navigateurs, skipper, amateurs de sports nautiques, exprimez-vous ! L'enquête de PIEBÎEM
Les côtes bretonnes sont prévues pour « accueillir » jusqu'à 25 GW soit 50 équivalents énergétiques du parc de Saint-Nazaire Guérande (80 éoliennes) en 2050. Après les parcs de Saint-Brieuc (62 éoliennes) et Saint-Nazaire-Guérande (80 éoliennes), il y aurait les projets Bretagne Sud (40 éoliennes de plus de 300 mètres, soit deux fois plus hautes que celles de Saint- Nazaire entre Groix et Belle-Ile), Morlaix (110 éoliennes de 287 mètres), puis Bretagne Nord-Ouest, Bretagne Grand Large…
Nous manquons d'information sur les réactions des pratiquants des différentes activités nautiques devant une modification imminente et radicale de la mer littorale, de ses paysages, de ses horizons, de sa navigabilité, avec lesquels la concertation a été absente ou, au mieux, discrète et minimale.
C'est un sujet dont on ne parle pratiquement pas dans les milieux du nautisme et sur lequel la concertation a été, il nous semble-t-il au mieux, discrète et minimale.
Les retours d'expérience des pratiquants des activités nautiques (plaisance, canoé-kayak, stand-up paddle, surf, plongée…), ou des professionnels du nautisme sont précieux pour connaître leurs attentes, leurs craintes, leur opinion sur ces projets éoliens en mer, comprendre leur impact déjà là où à venir et leur compatibilité avec les activités nautiques.
PIEBÎEM lance donc une enquête sur la perception de l'éolien en mer (déja installé ou en projet) par les pratiquants et professionnels des sports nautiques. Nous souhaiterions recueillir votre avis en tant que professionnel du secteur et/ou pratiquant. La réponse prendra environ 5 à 7 minutes
Lien vers l'enquête : https://forms.gle/qz11XH5hs6W22aXZ9 et flyer de l'enquêté à télécharger en PJ.


Téléchargement du Flyer
Lien vers l'enquête
Appel de Thierry Chabagny



