Leçons écossaises sur l’éolien en mer (2) Environnement et santé

26/03/2026

Une publication écossaise de 2026 en reprint dans Ocean and Nature Management lien  met en exergue dix points importants souvent négligés, voire parfois oubliés à considérer avant d'approuver une nouvelle zone industrielle offshore. Dans un premier volet, PIEBÎEM a résumé les éléments pertinents quant à la sécurité. Lien . Dans cette seconde partie PIEBÏEM présente les éléments pertinents quant à l'environnement et la santé. 1) Une pollution chimique qui n'est pas que locale (200 contaminants) ; 2) Pertes de matières des pales -érosion des bords d'attaque (jusqu'à 1kg/an/pale) ; 3) Pollution provenant des systèmes anticorrosion métallique ; 4) Fuites d'huile et de graisse : 1400 litres d'huiles ; 5) Pollution sonore : une inquiétude particulière pour les éoliennes flottantes et les infrasons (100 km) ; 6) Pollution lumineuse nocturne: 100 fois la lumière de la pleine lune ; 7) Pollution visuelle de jour : ni faible, ni insignifiante et doit être prise en compte ; 8) Modifications des vagues : impacts sur les activités nautiques (surf, windsurf…) et les habitats caractéristiques des côtes rocheuses ; 9) Phytoplancton, le véritable poumon de la planète ; 10) les défis nouveaux des éoliennes flottantes - effet récif suboptimal, espèces invasives phytoplancton, pollution, câbles et enchevêtrements ; 11) Tailles croissantes des éoliennes, impacts cumulés de nombreux grands parcs éoliens offshore et effets d'éviction ; 12) Santé mentale : les bienfaits méconnus de l'exposition à l'« espace bleu », les thérapies bleues et à la biodiversité marine ; Conclusion : l'Océan comme personne morale.

1) Une pollution chimique qui n'est pas que locale : « Les éoliennes offshore rejettent en permanence des toxines, tant au-dessus qu'au-dessous de la surface de la mer. Elles émettent potentiellement plus de 200 contaminants dans l'environnement, dont la majorité provient des revêtements, suivis par les systèmes anticorrosion sur le métal et les huiles et graisses utilisées pour leur fonctionnement. Les toxines marines et les déchets ne sont pas confinés à un seul endroit, car ils sont facilement déplacés par les processus dynamiques de la mer, tels que les courants, les vagues, les marées et le mélange des eaux océaniques avec les eaux des plateaux continentaux. Les AMP (Aires Marines Protégées) sont conçues pour protéger les mers, la vie marine et les habitats de l'Écosse contre les dommages causés par les activités humaines (gouvernement écossais,. Il est donc préoccupant d'implanter de grands parcs éoliens offshore à proximité des AMP.

La pollution n'est pas seulement un problème local et régional, car les courants océaniques à grande échelle peuvent transporter des polluants durables, tels que les plastiques, sur de longues distances à l'échelle mondiale.

PIEBÎEM : Sur cette question, voir notre recension sur la publication de l'Ifremer lien https://piebiem.webnode.fr/l/pollution-par-les-parcs-eolien-en-mer-le-diagnostic-inquietant-de-l-ifremer/ qui recense au moins 228 substances chimiques relarguées par les zones éoliennes en mer dont 25 cancérigènes/mutagènes, 17 reprotoxiques, 93 toxiques pour l'environnement aquatique, 14 perturbateurs endocriniens. lien

2) Pertes de matières des pales -érosion des bords d'attaque (jusqu'à 1kg/an/pale) : « Les parcs éoliens offshore rejettent des particules de peinture provenant des structures offshore et des particules de plastique provenant des pales des turbines. Les impacts répétés des gouttes de pluie et d'autres substances présentes dans l'atmosphère finissent par provoquer des fissures dans le revêtement, le décollement des couches, des fissures dans les composites et une rugosité de la surface des pales des éoliennes. Ce phénomène a fait l'objet de nombreuses études dans le secteur de l'énergie éolienne, car l'érosion de la surface rend rugueux le bord d'attaque des pales des éoliennes, ce qui réduit leur efficacité en les rendant moins aérodynamiques.

Cette « érosion du bord d'attaque » devient de plus en plus problématique à mesure que les pales s'allongent et que la vitesse en bout de pale augmente, et donc les impacts. Au cours du processus d'érosion du bord d'attaque, des particules de plastique sont libérées dans l'environnement, un phénomène qui commence seulement à faire l'objet de recherches. Une estimation préliminaire de la perte de masse plastique pour les éoliennes offshore est de 80 à 1 000 g/an par pale. Des recherches récentes sur les éoliennes offshore en mer du Nord montrent qu'une partie importante de l'érosion du bord d'attaque se produit en seulement 12 heures par an, lors d'événements pluvieux et venteux spécifiques, et qu'il existe des différences régionales La combinaison d'un vent et d'une pluie plus importants dans la partie nord-est de la mer du Nord entraîne une détérioration plus importante des revêtements protecteurs des pales, dont la durée de vie est ainsi réduite d'environ 20 % par rapport à la partie sud-ouest . »

PIEBÎEM : un problème qui s'amplifiera avec la taille des éoliennes. Et il faut aussi tenir compte du risque de ruptures de pales, cf l'incident de Nantucket : la rupture d'une seule pale ayant entrainé la présence de débris sur près de 50 km de côtes et l'arrêt des activités nautiques et de de la pêche en pleine saison touristique de cette côte très fréquentée. Lien l

3) Pollution provenant des systèmes anticorrosion métallique: « La méthode de protection cathodique par anodes galvaniques (GACP) des métaux sous-marins est particulièrement préoccupante, car elle entraîne la dissolution de quantités importantes d'anodes ( aluminium ou zinc) pendant des décennies. Les apports métalliques provenant des parcs éoliens offshore en exploitation et leurs risques écotoxicologiques sont sous-évalués, probablement parce qu'il s'agit d'un nouveau domaine de recherche. Une étude récente estime que les apports annuels de métaux provenant des parcs éoliens européens actuels sont considérables (3 219 tonnes d'aluminium, 1 148 tonnes de zinc et 1,9 tonne d'indium) (Université de Portsmouth, 2025 ; Watson et al., 2025). Les auteurs déconseillent de co-implanter l'aquaculture et les parcs éoliens offshore sans prendre de mesures pour atténuer leur pollution métallique, car les métaux présents dans l'eau s'accumulent dans le varech et les tissus des huîtres et des moules. À l'intérieur ou à proximité d'un parc éolien offshore, les poissons qui y vivent peuvent être affectés négativement, et les huîtres et moules qui y sont élevées peuvent présenter un risque pour la santé humaine »

PIEBÎEM : Une étude publiée dans Nature Partner Journals Ocean Sustainability a révélé que les produits chimiques utilisés pour protéger les éoliennes en mer contre la corrosion libèrent « des milliers de tonnes de métaux tels que l'aluminium, le zinc et l'indium » chaque année, suffisamment pour atteindre des niveaux toxiques induisant des concentrations tissulaires élevées dans les huîtres, les moules et le varech… qui pourraient « largement dépasser » « l'apport hebdomadaire tolérable » pour un adulte. Lien

4) Fuites d'huile et de graisse : 1400 litres d'huiles « Les éoliennes utilisent des huiles pour la lubrification, les systèmes hydrauliques et les boîtes de vitesses, ce qui nécessite un entretien manuelrégulier. Dès que les éoliennes commencent à fuir de l'huile, des mesures immédiates doivent être prises, car cela peut entraîner des pannes plus graves, voire l'effondrement de l'éolienne. Les fuites d'huile sont donc une préoccupation majeure pour l'industrie éolienne offshore, et l'environnement hostile et l'éloignement des éoliennes en mer rendent leur entretien très difficile. »

Les fuites d'huile nuisent à l'environnement et, en mer, une petite quantité d'huile contenant toutes sortes de composés chimiques peut se répandre sur une grande superficie. Il existe d'importantes lacunes dans les connaissances sur la composition des huiles et leur impact sur l'environnement, mais la prise de conscience s'accroît et des recherches ont commencé à être publiées… Une éolienne offshore peut contenir jusqu'à 1400 litres de diverses huiles (LAIIER, 2025) qui pourraient être déversées en cas de catastrophe naturelle ou d'accident. »

5) Pollution sonore : une inquiétude particulière pour les éoliennes flottantes  et les infrasons (100 km) : « Il est bien connu que le bruit sous-marin généré par le battage des pieux lors de la construction de parcs éoliens offshore peut nuire aux poissons et aux mammifères marins. Ce phénomène est souvent considéré comme acceptable, car il s'agit d'une perturbation temporaire. »

« Le bruit d'une éolienne individuelle est inférieur aux niveaux ambiants, sauf si elle se trouve à moins de quelques kilomètres. Le paysage sonore sous-marin dépend du type d'éolienne ; il est différent en termes de niveau et de caractère lorsqu'il provient d'éoliennes flottantes, pour lesquelles il peut dépasser les niveaux ambiants à des distances pouvant atteindre 4 km (Harris et al., 2025). Cependant, ces études sont basées sur des mesures acoustiques effectuées sur de petits sites d'essai et ne couvrent pas les infrasons. »

« Les infrasons produits par les éoliennes offshore peuvent se propager sous l'eau jusqu'à 100 km. Les sources naturelles d'infrasons dans la mer comprennent les vagues océaniques, le tonnerre et les sons produits par les grands animaux tels que les baleines à fanons, qui peuvent communiquer à travers les bassins océaniques pour émettre des cris reproductifs et sociaux. Les animaux marins moins bien étudiés qui peuvent percevoir les infrasons des éoliennes offshore en fonctionnement sont les invertébrés tels que les méduses, les poissons, les reptiles et les cétacés, qui les utilisent pour naviguer, se nourrir, socialiser, attirer des partenaires, courtiser et défendre leur territoire. »

6) Pollution lumineuse nocturne: 100 fois la lumière de la pleine lune. « Après la tombée de la nuit, les éoliennes offshore, les navires et les infrastructures connexes sont éclairés pendant la construction et l'exploitation du parc éolien offshore. La pollution lumineuse marine nocturne illumine les écosystèmes marins jusqu'à 100 fois plus que la lumière de la pleine lune, ce qui a divers impacts environnementaux, car les organismes marins, du plus petit plancton aux grandes baleines, sont très sensibles à la lumière à chaque étape de leur vie. Le scintillement lumineux des éoliennes offshore n'est pas systématiquement évalué dans les demandes de permis de construire offshore, pas plus que les impacts visuels sur la vie marine (gouvernement écossais, 2019). «

7) Pollution visuelle de jour : ni faible, ni insignifiante et doit être prise en compte : « Pour de nombreuses espèces aquatiques, la vision est importante pour détecter les proies, les prédateurs et les autres individus, mais les impacts potentiels des signaux visuels provenant des éoliennes offshore n'ont pas été étudiés et sont actuellement peu connus. Les signaux visuels tels que le mouvement des pales des éoliennes vus depuis la surface de l'eau et les ombres sous-marines mobiles des pales des éoliennes peuvent être perçus comme des prédateurs aériens et agir comme une barrière. Cela pourrait, par exemple, perturber la migration de retour du saumon sauvage de l'Atlantique dans les eaux côtières du nord de l'Écosse… Il est reconnu que les saumoneaux de moins d'un an, qui préfèrent les eaux peu profondes des rapides, pourraient ressentir les effets d'un « scintillement d'ombre »

« En raison de l'effet de lentille des vagues individuelles, les flashs peuvent atteindre des niveaux extrêmement élevés pour une vision dirigée vers le haut. L'action de lentille des vagues rend le contraste avec les ombres à la surface de l'eau (où il n'y a pas de reflets solaires) très important L'impact potentiel ne peut donc pas être considéré comme faible et insignifiant et devrait être pris en compte dans les futures évaluations d'impact environnemental. »

8) Modifications des vagues : impacts sur les activités nautiques (surf, windsurf…) et les habitats caractéristiques des côtes rocheuses: « Gautier et al. (2025) ont évalué l'effet des grands parcs éoliens offshore sur les vagues, les courants et les marées en mer du Nord et ont constaté que l'influence la plus significative d'un parc éolien offshore est la modification de la vitesse du vent à la surface de la mer, qui entraîne des changements dans la croissance des vagues… » ; les effets peuvent être importants dans certains cas particuliers.

Ces effets sont renforcés dans le cas des éoliennes flottantes. « Contrairement à un monopieu fixe, pour une éolienne offshore flottante, le diamètre du cylindre ne peut être négligé par rapport à la longueur d'onde, car les forces des vagues deviennent plus complexes et les forces d'inertie (forces dues au mouvement de la structure flottante dans l'eau) doivent être prises en compte. Une éolienne semi-submersible utilise une plateforme flottante, généralement composée de trois colonnes reliées entre elles, qui est partiellement submergée et ancrée au fond marin. Deng et al. (2024) calculent que, dans certaines conditions, les colonnes latérales des éoliennes flottantes semi-submersibles peuvent réduire de plus de moitié la hauteur significative des vagues, avec un sillage de 1 km de long. La longueur d'onde et la direction sont également modifiées.

Cela signifie que le parc éolien offshore de Pentland, composé de six éoliennes flottantes massives (de près de 300 m au-dessus du niveau de la mer avec des pales de 250 m de diamètre) situé à seulement 7,5 km au large de la côte de Dounreay dans le Caithness pourrait avoir de graves conséquences pour un spot de surf très prisé à Sandside Bay. Il est probable que les vagues entrantes seront atténuées et perturbées par les éoliennes flottantes, car celles du parc éolien offshore de Pentland sont semi-submersibles. Ceci est ignoré dans son rapport d'évaluation de l'impact environnemental, qui se contente d'indiquer que « ... la structure du parc éolien offshore flottant devrait avoir un impact moindre sur les courants de marée et les vagues qu'une structure à fondation fixe... » (Parc éolien offshore flottant de Pentland, 2022), ce qui contredit les dernières recherches

Les changements locaux liés à l'exposition aux vagues sont bien répertoriés comme l'une des pressions environnementales sur les habitats des côtes rocheuses , car les communautés animales et végétales des côtes rocheuses dépendent également des vagues qui atteignent le littoral. En Ecosse, les côtes les plus exposées sont celles qui reçoivent les houles de l'Atlantique sur la côte ouest des Hébrides, la côte nord et les Orcades ; leurs écosystèmes sont menacés par les grands parcs éoliens offshore flottants prévus, qui bloquent les vagues dont ils ont besoin pour prospérer »

9) Phytoplancton, le véritable poumon de la planète : « La forêt amazonienne est largement connue comme le « poumon de la planète » et étroitement surveillée ; mais en réalité, le véritable poumon de la planète est… le phytoplanction. Le phytoplancton marin, constitué d'organismes unicellulaires végétaux (algues), effectue également la photosynthèse, produisant environ 80 % de l'oxygène mondial et joue un rôle clé dans l'absorption du CO2 par les océans qui absorbent environ un quart du CO2 atmosphérique émis par les activités humaines Cependant, lorsque l'environnement qui soutient cette « pompe biologique de carbone » dans la mer est menacé à notre porte, nous n'en entendons pas beaucoup parler »

« Les éoliennes offshore peuvent affecter la croissance du phytoplancton de plusieurs façons : (1) les parties immergées agissent comme des récifs artificiels pour la vie marine (CIEM, 2025), (2) un mélange accru entre les eaux pauvres en nutriments et les eaux riches en nutriments en raison des changements dans le débit de l'eau autour des fondations des éoliennes offshore et (3) un mélange moindre en raison de la réduction des vents de surface dans le sillage des parcs éoliens offshore »

Des changements significatifs ont été observés, tant à la hausse qu'à la baisse, en fonction des conditions environnementales telles que la profondeur de l'eau, la période de l'année et le type d'éolienne offshore. La modélisation montre que dans les sillages éoliens des grands parcs éoliens offshore de la mer du Nord, la production primaire peut varier jusqu'à ±10 %

10) les défis nouveaux des éoliennes flottantes - effet récif suboptimal, espèces invasives phytoplancton, pollution, câbles et enchevêtrements : « Les éoliennes flottantes offshore constituent une technologie éolienne novatrice qui semblait irréalisable il y a seulement dix ans. Les parcs éoliens flottants offshore permettent de s'éloigner des côtes pour atteindre des eaux plus profondes, à plus de 50 mètres, et de nombreux projets sont en cours de développement… Cependant, les éoliennes flottantes sont coûteuses et aucun parc éolien flottant offshore n'est encore exploité à l'échelle commerciale dans le monde.

Jusqu'à présent, des effets de récifs artificiels ont été observés, tels que la colonisation des structures sous-marines, mais l'augmentation constante attendue de la biomasse piscicole sur l'ensemble des sites n'a pas été prouvée. Il existe un risque de propagation d'espèces non indigènes par le transport des turbines entre les ports et les parcs éoliens). Le brassage accru par les turbines offshore flottantes dans les eaux plus profondes peut avoir des conséquences sur la distribution des nutriments et, par conséquent, sur la croissance du phytoplancton.

Les plateformes flottantes peuvent également entraîner des apports beaucoup plus importants en métaux traces, car les structures sous-marines sont généralement plus grandes et nécessitent une protection cathodique par anodes galvaniques. De nombreuses lacunes subsistent dans les connaissances concernant les impacts environnementaux potentiels, tels que l'enchevêtrement des mammifères marins, la perception des bruits d'amarrage dynamiques, l'obstruction des routes migratoires, les changements dans la dynamique atmosphérique et océanique et les changements dans la qualité de l'eau.

Actuellement, seuls deux petits parcs éoliens offshore flottants sont en service en Écosse, au large de la côte d'Aberdeen. Compte tenu de la nouveauté de ce type d'installation, il existe très peu d'observations sur les impacts des éoliennes offshore flottantes (et certainement pas sur ceux de plusieurs grands parcs éoliens flottants).

PIEBÎEM : sur ce sujet, voire l'étude séminale du biologiste Josep LLoret , la première étude spécifique sur les dommages environnementaux des éoliennes flottantes dans Marine Policy  lien;

11) Tailles croissantes des éoliennes, impacts cumulés de nombreux grands parcs éoliens offshore et effets d'éviction : « Les éoliennes sont de plus en plus grandes, ce qui permet d'en diminuer le nombre pour une même puissance générée, mais sans augmentation significative de la puissance totale par unité de surface, car elles doivent être espacées davantage. Or, la plupart des impacts environnementaux augmentent avec la taille des éoliennes, le nombre d'éoliennes dans les parcs éoliens offshore augmente également, alors que de nombreuses questions restent sans réponse concernant leur impact environnemental cumulé.

Si tous les projets Offshore Wind Scotland prévus aboutissent, les oiseaux marins, par exemple, seront chassés et n'auront nulle part où aller… Le comptage d'espèces sélectionnées, telles que les moules, les oiseaux marins, les mammifères marins ou les poissons, n'est pas suffisant dans le cadre d'une étude écologique des parcs éoliens offshore. Nous devons évaluer l'ensemble de l'écosystème, du plus petit plancton aux plus grands prédateurs, non seulement au niveau d'une seule éolienne ou d'un seul parc éolien offshore, mais aussi l'impact cumulé de très grands parcs éoliens offshore multiples, et même d'autres activités industrielles marines »

12) Santé mentale : les bienfais méconnus de l'« espace bleu » . « Les habitants et les visiteurs de la région des Highlands ont assisté ces dernières années à une augmentation sans précédent du nombre de parcs éoliens et d'infrastructures connexes, et de nombreux autres projets sont prévus. Il est difficile de trouver un endroit où l'on ne voit pas d'éoliennes, et l'une des dernières vues intactes est celle de l'océan à perte de vue. L'horizon de la côte est est déjà fortement impacté par les grands parcs éoliens offshore de la mer du Nord, et la côte nord est menacée. »

« Les grands panoramas, les grands espaces, les longues perspectives, les lignes d'horizon et les ciels nocturnes étoilés sont importants pour la santé del'âme humaine (Psychology Today, 2023). Le contact avec la nature a des bienfaits émotionnels, psychologiques et physiques, et plus cette nature est préservée et sereine, mieux c'est. Selon la Mental Health Foundation (2025), le fait que les gens profitent ainsi de la nature est un facteur clé pour soutenir leur bien-être. »

« L'exposition à l'« espace bleu » (environnement aquatique) présente des avantages uniques pour la santé et le bien-être (Mental Health Foundation, 2025 ; White et al., 2020). Une biodiversité perçue comme plus riche dans l'espace bleu entraîne une réduction du stress perçu (White et al., 2020). Cela fait écho aux recherches de Methorst (2024) qui prouvent que la présence de nombreuses espèces d'oiseaux différentes dans la zone de résidence d'une personne est bénéfique pour la santé mentale, en particulier celle des personnes ayant un statut socio-économique inférieur. Par conséquent, si les oiseaux marins ne peuvent pas s'installer sur les côtes écossaises et s'en éloignent, non seulement la conservation de la biodiversité en pâtit, mais aussi la précieuse santé mentale du public. »

Conclusion : l'Océan comme personne morale : Selon les auteurs, le but de ce document est d'attirer l'attention sur des aspects souvent négligés, voire carrément ignorés des parcs éoliens offshore et d'insister pour qu'ils soient mieux pris en compte dans le systèmes d'évaluation réglementaire des zones industrielles éoliennes en mer .Une de ses conclusions, novatrice, mais qui commence à être discutée, serait d' aborder autrement la défense de l'environnement en instituant la mer en tant que personne morale : « Il n'y a qu'un seul océan sur la planète Terre, et il n'appartient à personne ». L'océan devrait avoir son mot à dire dans les décisions qui affectent son existence. La faisabilité de donner à l'océan ou à d'autres ressources naturelles la personnalité juridique fait l'objet d'études sérieuses.

Résumé : Ocean and Nature Management, 10 things to consider before approving another offshore Windfarm

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