Les pêcheurs artisans de Normandie et de Bretagne vent debout contre la PPE3 et l’éolien en mer
1) Normandie ; Le comité régional des pêches a annoncé « s'opposer catégoriquement » au projet stratégique de façade présenté en octobre 2024 par le gouvernement, qui prévoit l'implantation de 10,5 GW d'éoliennes en mer d'ici à 2050 dans les eaux normandes et dit non à l'industrialisation à marche forcée du littoral normand, s'indigne du manque d'étude d'impact et du retour réel d'expérience alors que la pêche artisanale normande a déjà perdu 40% de ses eaux. 2) Bretagne : les pêcheurs artisans de l'UFPA : Nous ne voulons pas d'éoliennes, nous n'en voulons plus du tout, nous allons nous battre pour faire stopper cette PPE3.
1a) Normandie : Le Comité des Pêches s'oppose catégoriquement au projet stratégique de façade et aux nouveaux projets éoliens en mer
Le comité régional des pêches de Normandie a annoncé « s'opposer catégoriquement » au projet stratégique de façade présenté en octobre 2024 par le gouvernement, qui prévoit l'implantation de 10,5 GW d'éoliennes en mer d'ici à 2050 dans les eaux normandes.
Le projet de stratégie maritime de façade présenté le 17 octobre 2024 par le gouvernement inquiète les pêcheurs normands. Le comité régional des pêches et des élevages marins de Normandie, dans un communiqué diffusé le 25 juillet, s'oppose catégoriquement à cette stratégie énergétique de la façade Manche est - mer du Nord . Selon lui, les ambitions de développement de l'éolien en mer sur cette zone sont trop importantes au regard des autres activités qui cohabitent déjà.
Il faut dire qu'en matière d'éolien, la Normandie est gâtée : avec deux nouveaux champs d'éoliennes, programmés pour la fin de la décennie, la région totalisera sept parcs offshore, ce qui en fera la façade maritime la plus pourvue… (Pour l'instant : la Bretagne suivra, si on ne fait rien)
Après le parc de Fécamp (Seine-Maritime), en service depuis mai, et en attendant ceux de Courseulles-sur-Mer (Calvados) et de Dieppe-Le Tréport (Seine-Maritime), toujours en travaux et attendus pour 2026, la Normandie va totaliser près de 200 éoliennes au large de ses plages. Ce n'est pas tout car la région, qui cumule plus de 600 km de côtes, se prépare déjà à accueillir, à la fin de la décennie, quatre parcs de plus. Deux sont déjà inscrits, au large de Barfleur (Manche), sous les noms de Centre Manche 1 et 2. Les deux derniers, qui devraient prendre place au large de celui de Fécamp, viennent d'être annoncés lors de la présentation de la planification maritime.
1b) Ce que dit le Comité des pêches normand : non à l'industrialisation à marche forcée aucune étude d'impact, aucun retour réel d'expérience alors que la pêche artisanale normande a déjà perdu 40% de ses eaux lien
La pêche professionnelle normande est directement impactée par la planification maritime puisque la mer est son lieu de vie et de travail. Cette activité, bien qu'essentielle, est fortement menacée par la réduction continuelle de ces zones d'activités. La Normandie est une des plus importantes régions françaises de pêche en termes de tonnage. Elle participe à l'indépendance alimentaire et contribue à la consommation de poisson frais, sauvage et d'origine française tous les jours. Son caractère artisanal assure un encadrement de l'activité permettant une pêche durable. La pêche normande est une activité au caractère structurant qui a un fort impact sur l'économie et qui est créatrice d'emploi à terre…
Le CRPMEM de Normandie s'oppose catégoriquement à la stratégie énergétique de la façade MEMN La planification énergétique concentrée sur la Normandie met en danger l'environnement marin et le maintien de l'activité de pêche normande. L'avenir de la Manche consistera finalement en une industrialisation et bétonisation à très large échelle sans qu'aucune évaluation d'impact sur le milieu marin, sur les espèces présentes et sur la pêche professionnelle normande ne soit menée. Nous dénonçons l'absence totale d'équité territoriale entre les régions. La Normandie représentera à elle seule 10.5 GW dans 10 ans
Il persiste de trop nombreuses questions sans réponses Premièrement, il n'est pas laissé de temps à un retour d'expériences des 3 premiers parcs éoliens normands puisque seul Fécamp est en phase d'exploitation et ce depuis seulement 1 an. Courseulles et Dieppe Le Tréport sont en pleine phase travaux. Force est de constater que cela n'empêche pas la désignation de 7 GW complémentaire soit 5 fois plus que les premiers projets. Le retour d'expérience des trois premiers projets doit être au cœur de la réflexion d'un déploiement complémentaire d'éolien en Manche.
Deuxièmement, à la suite de la participation des pêcheurs professionnels aux réunions publiques et aux réunions spécifiques pêches de concertation continue, les questions suivantes restent sans réponse :
• Quelle a été la prise en compte de la position de la pêche et de ces enjeux dans la décision ministérielle du 17 octobre désignant les nouvelles zones éoliennes ?
• Quel est l'impact d'un déploiement de 10.5GW d'énergie éolienne en mer en Normandie sur : L'environnement marin ? sur les ressources halieutiques ? sur le cycle de vie et des voies de migration des espèces ? Sur les activités de pêche ?
• Quel est l'impact cumulé des autres usages et pressions (BREXIT, politiques environnementales, câbles, extraction granulat, aménagement portuaire, etc.) sur l'environnement marin et l'espace disponible pour la pratique de la pêche ?
La pêche artisanale normande a déjà perdu 40% des eaux de la façade au profit des autres usages (cf. annexe 1). • Comment l'Etat va garantir, dans les conditions de la stratégie de façade, le maintien de l'activité pêche, la rentabilité des jeunes venant de s'installer, l'amortissement des investissements réalisés sur 30 ans, la rentabilité des entreprises ?
1c) Une politique d'indemnisation temporaire et après ? "Certains devront abandonner et la région ne dit rien"
La région Normandie fait preuve d'une certaine désinvolture concernant la politique d'indemnisation : « Ce sont surtout des pertes d'exploitation engendrées par la fermeture de zones de pêche pendant les phases de travaux du parc éolien et de son raccordement… En effet, la fermeture de la zone pour trois ans de phase de construction peut conduire à des perturbations significatives pour les entreprises de pêche qui perdent une zone importante », ana Colli-Cantoni (chargée de mission à la région)
Ces demandes d'indemnités concernent la phase de chantier, mais peuvent-elles être étendues à la phase d'activité du parc ? « Nous n'avons pas encore d'éléments définitifs sur ce sujet, explique Jana Colli-Cantoni. C'est une préoccupation essentielle de la profession qui émet de forts doutes de reprise de l'activité de pêche, notamment au regard de la disposition des éoliennes et des câbles qui ne semblent pas permettre la reprise aux arts traînants dans la moitié sud du parc. Le comité régional des pêches mènera des discussions très prochaines sur le sujet … Ainsi une compensation financière pourrait être donnée à l'échelle de la Normandie, par exemple, permettant de faire évoluer la profession en termes de matériels de criée, de projets portuaires… lien
2) Bretagne : Nous ne voulons pas d'éoliennes, nous n'en voulons plus du tout, nous allons nous battre pour faire stopper cette PPE3
En Bretagne, les pêcheurs artisans entrent en lutte, mais ils ne sont guère soutenus par un Comité des Pêches qui ne les représentent pas et par un pouvoir régional dans le déni idéologique et qui ment effrontément. Ainsi, Daniel Cueff et la majorité régionale expliquent que l'éolien flottant près des côtes comme à Bretagne -sud et maintenant à Morlaix, qui est une absurdité en soi, ne sera pas préjudiciable à la pêche et il promet même un rapport de la région Bretagne le démontrant ; seulement un rapport de l'Union Européenne (ICES) dit plutôt le contraire : pressions croissantes sur les zones de pêche, accès aux parcs pratiquement impossible même si autorisé, effet récif négatif avec diminution des pêches commerciales et arrivée d'espèces invasives, déstructuration de la courantologie et des colonnes d'eau, impact du bruit, biofouling… lien
Heureusement, des pêcheurs -artisans comme David Le Quintrec, président de l'UFPA, à Lorient, prennent la parole et se battent avec le soutien des Gueux d'Alexandre Jardin, dont ils sont parmi les membres fondateurs : lien
« Bonjour à toutes et à tous je m'appelle David Le Quintrec, je suis patron- pêcheur artisan à Lorient et également président de l'UFPA ( l'Union française des /pêcheurs artisans. A l'heure actuelle nous rejoignons la mobilisation des Gueux parce que nous sommes opposés à la PPE 3.
Nous les pêcheurs artisans, nous sommes fortement impactés par les champs éoliens qui poussent comme des champignons un peu partout sur toutes les façades maritimes mais il y a un gros impact sur la biodiversité sur les espèces que nous pêchons et également un impact économique pour les pêcheurs . Donc nous rejoignons la mobilisation des Gueux pour la simple et bonne raison que nous voulons pas d'éoliennes, nous n'en voulons plus du tout donc nous allons nous battre pour justement faire stopper cette PPE 3 et aussi que les Français et les françaises comprennent que leur facture d'énergie à cause justement de cette PPE 3 va doubler fortement voire peut être même plus …. Lien CF aussi notre note sur la Pêche( la Mer en debat, PJ)






