Pêche et éolien en mer : Daniel Cueff tente de convaincre que pêche et éoliennes flottantes sont compatibles, mais un rapport de l’Union Européenne dit le contraire !
Daniel Cueff et la majorité régionale expliquent que l'éolien flottant près des côtes comme à Bretagne -sud et maintenant à Morlaix, qui est une absurdité en soi, ne sera pas préjudiciable à la pêche et il promet même un rapport de la région Bretagne le démontrant, et aussi, soyons fou que Pennavel aménagera ses éoliennes pour permettre la pêche à l'intérieur de la zone éolienne ; seulement un rapport de l'Union Européenne (ICES) dit plutôt le contraire : pressions croissantes sur les zones de pêche, accès aux parcs pratiquement impossible même si autorisé, effet récif négatif avec diminution des pêches commerciales et arrivée d'espèces invasives, déstructuration de la courantologie et des colonnes d'eau, impact du bruit, biofouling… PIEBÎEM fait le point ! Sources Energies de la Mer lien, Rapport ICES lien
L'évaluation de l'ICES (International Council for the Exploration of the Sea) : un avenir insoutenable pour la pêche
Le rapport de l'ICES (International Council for the Exploration of the Sea) préparé à la demande de la DG Mer fournit une analyse et une évaluation extensives de l'état actuel des connaissances disponibles concernant les impacts économiques sociaux et écologiques des parcs éoliens offshore posés et flottants sur les pêcheries de la mer Baltique, de la mer Celtique et de la mer du Nord. Principaux résultats :
- Pression croissante : Le déploiement continu de parcs éoliens offshore dans les eaux européennes modifie déjà les écosystèmes marins et continue d'exercer une pression croissante sur l'industrie de la pêche. Les zones d'exclusion pendant la construction et l'exploitation des parcs éoliens entraînent des perturbations des itinéraires de pêche, des déplacements de la pêche et un accès réduit aux zones traditionnelles souvent sans aucune consultation significative.
-Accès aux parcs pratiquement impossible, surtout pour le flottant : Les différences nationales dans les modalités d'accès compliquent encore davantage les choses : au Royaume-Uni les pêcheurs peuvent accéder aux zones éoliennes tandis qu'au Pays-Bas l'accès est généralement interdit. Même si cela est techniquement autorisé, les risques pour les engins de pêche et la sécurité des navires dissuadent souvent les pêcheurs d'opérer dans et autour des parcs éoliens
Les turbines flottantes posent des défis de navigation et d'équipement différents de ceux des structures à fonds fixes, notamment avec des câbles mal cartographiés et des obstacles liés aux assurances qui limitent encore la capacité d'adaptation des pêcheurs.
- Effet récif, colonisation invasive et perturbation des espèces commerciales : les socles de turbines peuvent fournir des habitats de type récifal à certains espèces (moules, crustacés) mais peuvent également attirer des espèces envahissantes ou modifier la répartition des poissons. Par exemple des recherches menées dans la mer du Nord belge montrent une richesse spécifique plus faible sur les structures artificielles par rapport aux récifs naturels pour les poissons d'importance commerciale comme la plie, le hareng et la morue.
Sur les 34 ressources halieutiques les plus importantes sur le plan commercial qui ont été évaluées, le hareng, la coquille Saint-Jacques et le thon rouge sont les sont les plus vulnérables dans les trois régions étudiées (Mer celtique, Mer baltique, Mer du Nord). La plupart des espèces commerciales ayant un stade de vie pélagique verront leur distribution spatiale se chevaucher avec celle des câbles dynamiques associés aux éoliennes posées et flottantes.
Les parcs éoliens flottants constituent des tremplins pour la dispersion des espèces dans des environnements inadaptés ce qui profite à la fois aux espèces indigènes et non indigènes (NIS) en particulier aux espèces dont la phase pélagique larvaire est longue. Les structures flottantes sont susceptibles d'abriter des espèces non indigènes (NIS) et de faciliter leur propagation par le transport des turbines entre les ports et les parcs éoliens.
- Modification de la courantologie et de la stratification : Les turbines créent des sillages atmosphériques et les structures sous-marines modifient les courants et la stratification des colonnes d'eau. Les structures sous-marines peuvent affecter directement la dynamique des océans en provoquant des frottements et en obstruant le flux, en augmentant la turbulence, réduisant la vitesse du courant et affaiblissant la stratification de l'eau jusqu'à 400 mètres derrière les structures. Ces changements affectent la production primaire.
- Impact du bruit : Même un bruit modéré pendant la construction peut causer des dommages irréparables à certaines populations. C'est notamment le cas maintenant bien documenté des marsouins de la Baltique, une population en danger critique d'extinction. Le rapport appelle à une interdiction complète du battage de pieux dans l'habitat principal de l'espèce et à des restrictions saisonnières strictes.
- Biofouling : La protection cathodique par courant imposée ou par anode sacrificielle peut favoriser la croissance des organismes calcifiants dans les communautés de biofouling. Elle peut avoir un impact sur les communautés de biofouling par l'effet de la toxicité des métaux. Les températures élevées sur les conduites d'eau de refroidissement et les câbles dynamiques dans les éoliennes flottantes pourraient influencer la composition et les taux de croissance des communautés de biofouling.
- En conclusion, le rapport identifie d'abord une lacune majeure dans la politique actuelle le manque d'outils fiables pour évaluer les impacts cumulatifs. Les professionnels de la pêche mettent en garde contre un avenir insoutenable : « Nos pêcheurs disent que la révolution de l'énergie verte se construit au-dessus de leur tête et à travers leurs zones de pêche souvent sans consultation ni compensation a déclaré un représentant des parties prenantes. »
PIEBÎEM rappelle enfin cette conclusion de la Cour des Comptes Européenne dans son rapport de 2023 sur les énergies marines renouvelables : "Le déploiement des énergies marines renouvelables se heurte à des obstacles pratiques, sociaux et environnementaux qui n'ont pas encore fait l'objet d'une réflexion suffisante… le conflit entre ces deux secteurs ( la pêche et l'éolien en mer reste sans issue " en PJ notre note pour La Mer en Débat





