PIEBÎEM soutient l’amendement – moratoire des Gueux aux 300 milliards - Adresse aux Députés

22/06/2025

PIEBÎEM soutient l'amendement 486 à l'article 5 de la PPE proposant un moratoire sur l'éolien en mer, sur terre et le photovoltaïque suspendu à la réalisation d'une étude indépendante visant à déterminer le mix électrique optimal pour la France. Cet amendement, voté de justesse le 19 juin par 65 voix contre 63, suscite une mobilisation intense des lobby ENR, en particulier du lobby éolien en mer et une forte opposition. Certains députés LR parlent même de revenir sur leur position. Un premier vote critique aura lieu le 24 juin à l'Assemblée Nationale, avec le vote solennel sur la PPE, ensuite le projet de loi retournera au Sénat pour une deuxième lecture  vers le 8 juillet. PIEBÎEM demande aux députés de maintenir ce moratoire sur les ENR électriques , en particulier sur l'éolien en mer, tel que prévu par l'amendement 486

Madame, Monsieur le Député,

L'Assemblée Nationale vient de voter un amendement (486) proposant un moratoire sur l'éolien en mer, sur terre et le photovoltaïque qui restera en vigueur pendant toute la durée nécessaire à la réalisation d'une étude objective et indépendante visant à déterminer le mix énergétique global pour la France sur les plans économiques et environnemental.

Nous souhaitons attirer votre attention sur les points suivants :

1) Cet amendement répond aux préconisations de l'Académie des Sciences, exprimées notamment dans son cahier d'acteur PPE3 : "Avec des besoins en électricité de 508 TWh en 2035, aucune capacité supplémentaire de production électrique ne serait alors nécessaire, la production actuelle étant suffisante. Pourquoi, alors, envisager 200 TWh d'énergies renouvelables (EnR) supplémentaire." … "L'Académie des sciences déconseille un développement précipité et massif des sources d'énergie non pilotables sur la base de prévisions de consommation surestimées.

2) De fait , la situation est encore plus pathologique : plus nous générons de productions à perte ( surproductions, épisodes de prix négatifs), plus le coût de l'électricité augmente , plus l'électrification des usages ralentit... et plus nous générons de production à perte. C'est un cercle vicieux de la désindustrialisation et de l'énergie chère pour tous, déjà à l'oeuvre en Allemagne

3) Prétendre créer une filière française de l'éolien en mer, dont nous n'avons nul besoin ni à court, moyen ou long terme, ultra subventionnée, c'est créer une rente de situation au profit du lobby éolien et au détriment des particuliers et des industries qui ont besoin d'une électricité de base abondante, bon marché, pilotable, disponible 24h/24- les processus industriels ou le numérique ne supportent pas l'intermittence ! On ne réindustrialisera rien avec de l'électricité à 150€/MWh ( éolien posé de Saint-Brieuc, Saint-Nazaire, Fécamp) qui est payée même lorsque la production doit être arrêtée pour cause de surproduction ( écrêtage)

4) Accommoder une forte puissance d'éolien en mer nécessite d'importants travaux de réseau: 37 milliards selon RTE, pour le simple raccordement auquel il faut ajouter les modifications , extensions, adaptations du réseau terrestre; selon André Merlin, fondateur et premier Président de RTE, la facture totale serait plus proche de 60 milliards. Sans compte des moyens encore mystérieux permettant d'éviter une instabilité chronique du réseau dûe au manque d'inertie. Ajoutons qu'il n' y a qu'en France où le raccordement direct est pris en charge par l'Etat, et non par les promoteurs et exploitants des parcs éoliens

5) Les coûts réels et complet de l'éolien en mer , même posé, sont loin d'être connus et correctement évalués. En dehors de la production proprement dite , il faut y ajouter la gestion de l'intermittence, les coûts de gestion, de congestion, de stabilisation du réseau, la gestion des production fatales en cas de surproduction ( prix négatifs), les aménagements des ports et du littoral. Et c'est encore bin pire pour l'éolien flottant , non mature

6) Comme General Electric à Saint-Nazaire, les promoteurs éoliens se sont engagés dans une course à la puissance des turbines aventureuse, mais jugée indispensable à la rentabilité. Il en résulte de nombreux accidents industriels où malgré l'aide de l'Etat , les salariés trinquent !

Nous vous demandons donc de maintenir ce moratoire sur l'éolien en mer tel que prévu par l'amendement 486

Vous trouverez ci-joint un argumentaire plus complet et également une note en réponses aux approximations, pour rester dans l'euphémisme, de M le Ministre Ferracci sur les coûts de l'éolien en mer.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur le député, l'expression de notre haute considération.