PPE3 et la Commission Gremillet Armand : inquiétant sur l’éolien en mer et déni de démocratie ! (1)

17/06/2025

Premiers éléments inquiétants sur l'éolien en mer 1) En réponse à une question du groupe socialiste, la Commission affirme que les objectifs éoliens en mer (18GW) d'ici 2035 ne sont pas remis en cause ; 2) la Commission confirme un programme étendu pour l'éolien en mer après 2035 (1,5 GW par an) ; 3) Eolien flottant ou posé ? La Commission botte en touche et laisse ouvert à plus d'éolien posé, donc proche des côtes ; 4) les promoteurs éoliens ont leur idée – de l'éolien posé en agrandissant les parcs existants; 5) Le mépris des conclusions de la Mer en Débat : éloigner les zones éoliennes du littoral.

1) En réponse à une question du groupe socialiste, la Commission affirme que les objectifs éoliens en mer d'ici 2035 (18 GW) ne sont pas remis en cause

« L'ambition sur l'éolien en mer n'a pas été revue à la baisse dans le projet de PPE mis en consultation, qui prévoit un objectif de 18GW en 2035. Il est précisé que RTE devra « approfondir, lors des phases initiales des procédures concurrentielles auprès des fournisseurs de matériels, les conditions économiques, contractuelles et techniques et de proposer un calendrier de raccordement optimisé, sans que le décalage global du calendrier initial […] n'excède deux ans », dans l'optique d'optimiser les retombées industrielles et de prendre en compte les contraintes d'approvisionnement.

Cet objectif de 18GW regroupe à la fois des projets de parcs éoliens posés et des parcs éoliens flottants dont la technologie est moins mature et nécessite la mise en place de nouvelles filières industrielles. Les enjeux de coûts, de délais et d'industrialisation (empreinte nationale notamment) seront pris en compte dans les calendriers et les procédures de mise en concurrence. Le calendrier de mise en service de l'usine de câbles sous-marin portée par RTE pourra notamment être pris en compte. Les objectifs qui seront finalement retenus dans la PPE pour les horizons 2030 et 2035 s'appuieront sur l'ensemble de ces considérations. »

2) En réponse à une question du Groupe Insoumis, la Commission confirme un programme étendu pour l'éolien en mer après 2035 (1,5 GW par an)

La décision interministérielle du 17 octobre 2024 faisant suite aux débats publics sur la planification de l'espace maritime a permis de produire une cartographie des zones prioritaires pour l'éolien en mer à attribuer dans les prochaines années, correspondant à une puissance supplémentaire d'environ 15,5 GW, permettant d'atteindre 26 GW à horizon 2040. Cette puissance supplémentaire, installée au-delà de l'année 2030, permettrait ainsi d'avoir un rythme moyen supérieur à 1,5GW/an.

3) Eolien flottant ou posé ? La Commission botte en touche et laisse ouvert à plus d'éolien posé, donc proche des côtes !

Le choix entre éolien flottant et posé dépend de la profondeur des fonds des zones prioritaires retenues pour le développement de l'éolien en mer dans le cadre de la décision ministérielle pour le développement de l'éolien en mer qui faisait suite au débat public « La Mer en Débat ». Ces technologies sont donc complémentaires, avec une maturité plus grande pour l'éolien en mer posé, mais un potentiel prometteur de filière industrielle et un gisement très important (notamment en Méditerranée et en Atlantique) pour l'éolien flottant. Le cadencement d'équipement de ces zones au sein des différents appels d'offres s'appuiera à la fois sur les capacités d'accueil du réseau électrique terrestres, sur la maturité des technologies, et donc leurs coûts, et sur la disponibilité des infrastructures notamment portuaires nécessaires à leur installation.

4) Mais les promoteurs éoliens ont leur idée – de l'éolien posé en agrandissant les parcs existants

Marc Hirth, DG d'Ocean wind : "Un appel d'offres où il y aurait entre 8 et 10 GW mais avec plus d'éolien posé que de flottant nous paraît mieux de ce qui est prévu aujourd'hui. La technologie est plus mature et il ne faut pas oublier le contexte économique actuel qui renchérit le coût des projets", affirme à propos du dixième appel d'offres éolien en mer Marc Hirt, directeur général d'Ocean Winds en France. "Nous poussons pour que la zone de Fécamp Grand Large puisse être élargie et accueillir plus que les 4 GW prévus, peut-être trois projets de 1,7 GW chacun" et l'idée "fait son chemin un peu partout", Vendredi 6 juin 2025 ; Green Univers, Vite vu

Ce peut être donc le retour de tout ce qui avait été éliminé après la Mer en Débat, en particulier pour la Bretagne, le doublement de la zone éolienne dite de Saint- Nazaire ( plus justement Banc de Guérande)

5) Le mépris des conclusions de la Mer en Débat : éloigner les zones éoliennes du littoral

PIEBîEM rappelle qu'un seul consensus était sorti du débat CNDP La Mer en Débat : le refus des zones industrielles éoliennes proche des côtes. Pour le reste , il n'y avait aucun accord sur des zones précises de développement de l'éolien off shore, même plus éloignées des côtes : lien https://piebiem.webnode.fr/l/bilan-pebiem-de-la-consultation-cndp-la-mer-en-debat/

« Les participants au débat public ne sont pas parvenus à s'accorder sur des zones précises de développement de l'éolien offshore. Hormis dans le cas de la façade méditerranéenne, qui bénéficie d'une carte « globale » regroupant les différentes préconisations spatiales des citoyens consultés (et une zone de « non-exclusion » de l'éolien), ils n'ont abouti à aucune carte consensuelle… Cela n'a néanmoins pas empêché le public d'arriver à deux consensus. Premièrement, « le fait de se représenter les parcs éoliens en même temps que les autres activités marines (la pêche) et les implications de la protection de l'environnement (biodiversité) a fait émerger différentes préoccupations qui se sont recomposées autour d'une solution consensuelle assez claire et capable de les tenir ensemble : l'exclusion des potentiels parcs de la bande des 12 milles nautiques [soit 22,2 kilomètres des côtes, NDLR] pour 2035 », c'est-à-dire dans la limite des eaux territoriales, »

Si PIEBÎEM partage le double constat négatif de la CNDP (pas de zones industrielles éoliennes proches des côtes, aucun accord sur des zones précises favorables à l'installation de parcs éoliens), nous contestons radicalement l'assertion de la présidente de la CNDP qui laisse penser à une limite « acceptable » à 12 milles des côtes. PIEBÎEM ne comprend pas d'où viendrait ce prétendu consensus alors même que ceux qui sont favorables à l'éolien en mer à condition qu'il soit plus éloigné du littoral (ce qui n'est pas notre cas, nous y restons hostiles pour les raisons technoéconomiques de coût de l'électricité, stabilité du réseau électrique, atteintes à la biodiversité) ) parlent en général d'une distance de 40 km (d'ailleurs la moyenne européenne), qui permet au moins de limiter l'empreinte sur les paysages littoraux

Au fur et à mesure que les éoliennes apparaissent sur l'horizon marin , l'opposition monte aussi, et le moins qu'on puisse dire est que ce qui sort pour l'instant de la Commission Gremillet Armand est plutôt de nature à exacerber les tensions et ne prend pas en compte l'absence l'acceptabilité de l'éolien en mer, surtout proche des côtes.