PPE3 : Grosse bataille au Sénat sur les ENR, les LR divisés et attaqués par les macronistes
Très forte mobilisation du lobby éolien en mer qui a trouvé un porte-voix avec le Sénateur Mandelli (LR,Vendée) et tenté même de faire passer en urgence les appels d'offres éolien en mer par décret. Le Sénat maintient sa position et n'accepte pas le moratoire éolien et solaire proposé par les LR et RN de l'Assemblée, acte 200TWh de renouvelables supplémentaires en 2035 et 18 GW d'éolien en mer- ignorant les avertissements de l'Académie des Sciences. Dans une tribune libre du Figaro, Bruno Retailleau, François Bellamy et Julien Aubert expriment une position dont on ne sait trop si elle sera la position officielle des LR : stopper les subventions publiques pour les renouvelables qui devront ainsi faire face à la vérité des coûts. Elle suscite une forte opposition des marconistes et même de certains LR . Très grosse confusion ;à suivre.
1) Mobilisation du lobby éolien en mer au Sénat : le Sénateur Mandelli comme porte-voix !
À l'Assemblée, les Républicains étaient à l'origine de l'amendement instaurant un moratoire sur le développement des renouvelables. Au Sénat, le rapporteur pour avis de la commission du développement durable, Didier Mandelli (LR, Vendée) s'est fait le serviteur du lobby éolien en mer d'une manière incroyable et choquante.
Au rebours de la position de son groupe, de son parti et de la majorité des parlementaires, M.Mandelli a appelé à court-circuiter les débats parlementaires » en lançant les appels d'offres éolien en mer , et notamment le dixième (AO10), « sans attendre la révision complète de la programmation pluriannuelle de l'énergie ». Cela permettrait de dépasser les objectifs fixés dans la PPE en vigueur, comme le souhaite par ailleurs le député insoumis Matthias Tavel
Dans un de ses amendements, le Sénateur Mandelli, s(agissant de l'éolien en mer a appelé « l'autorité administrative à recourir à une procédure de mise en concurrence, afin de dépasser les objectifs fixés par la programmation pluriannuelle de l'énergie en vigueur »
Dans un autre de ses amendements, le Sénateur Mandelli enfume la Représentation Nationale en parlant de la compétitivité avérée de la filière éolienne en terme de prix. Sur l'éolien posé, le dernier parc attribué l'est à un tarif de 45€/MWh (éolien posé)- qui a été fortement critiqué par la CRE. NB PIEBÎEM : Les références étrangères sont autour de 99,4 €/MWh
Pour l'éolien éolienne flottante M Mandelli mentionne un premier parc inauguré avec un tarif de 86,45 €/MWh. NB PIEBÎEM : La seule référence industrielle est le projet Greenvolt au RU attribué à 236,3 €/MWh – et encore rien en dit que ce sera la réalité .
Dans les deux cas, cela ne prend pas en compte les coûts de gestion et de congestion de réseau (déjà de l'ordre de 5 milliards par ans en Angleterre), coûts de profils (production à perte lors des épisodes de surproduction éoliennes à prix négatifs, ou même en-dessous du coût de production), coûts de stockage, aménagement des ports… lien et note ci-jointe.
Heureusement, l'ensemble des amendements présentés par le Sénateur Mandelli ont été séchement et rapidement refusés. La question se pose : qu'est-ce que Mandelli fait encore chez les LR ? Il faudra vraiment que la ligne soit tranchée !
2) La PPE3 selon le Sénat ; pas de décret sans loi, maintien des objectifs ENR de la proposition Gremillet
Le Sénat maintient sa position : pas de décret sans loi : Avec une majorité relative en 2022, puis disparue en 2024 avec la dissolution, les gouvernements successifs misaient sur une révision de la PPE par décret -une solution favorisée par le lobby éolien et la DGEC qui voulaient par-dessus tout un décret permettant le lancement rapide des appels d'offre éolien en mer. La droite et le Rassemblement national n'ont cessé de faire pression pour que le débat se tienne au Parlement. En l'absence de projet de loi émanant du gouvernement, la majorité sénatoriale avait pris l'initiative à l'automne en adoptant la proposition de loi Gremillet.
Après Gérard Larcher la semaine dernière, la commission des affaires économiques appelle, également, le gouvernement à confirmer l'inscription du texte en deuxième lecture à l'Assemblée nationale, dès septembre prochain, « et à attendre la fin de la navette parlementaire, avant de prendre le décret sur la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) ». « Ce serait une erreur de ne pas attendre, car on contournerait le Parlement. On n'a pas l'habitude de jouer les bateaux de sauvetage au Sénat », avait prévenu Gérard Larcher, la semaine dernière.
Abandon du moratoire, Maintien des objectifs ENR de la loi Gremillet malgré les avis contraires de l'Académie des Sciences : La commission a supprimé l'amendement du député de l'Orne Jérôme Nury (LR) qui imposait un moratoire immédiat sur toute nouvelle installation éolienne et photovoltaïqueAvant le vote du 8 juillet, le Sénat retient pour l'instant « les objectifs sénatoriaux d'au moins 560 TWh d'électricité décarbonée, dont 200 TWh de sources renouvelables.. » et, en ce qui concerne l'éolien en mer, « le maintien de 1 GW par an de capacités installées pour l'éolien en mer attribuées par appels d'offres, en recourant prioritairement à des installations flottantes et en respectant les exigences de sécurité des installations électriques, de conciliation avec les activités économiques ou récréatives, de qualité des paysages et de préservation de la biodiversité » - soit en gros les 18GW d'ici 2035.
NB PIEBIEM rappelle l'avis de l'Académie des Sciences : "Avec des besoins en électricité de 508 TWh en 2035, aucune capacité supplémentaire de production électrique ne serait alors nécessaire, la production actuelle étant suffisante. Pourquoi, alors, envisager 200 TWh d'énergies renouvelables (EnR) supplémentaire." ?
3) La position Retaillau/Bellamy/Aubert : rebâtir un parc nucléaire et stopper le financement des renouvelables : Le Figaro, lien
Dans une tribune libre du Figaro, Bruno Retailleau, François Bellamy et Julien Aubert expriment une position dont on ne sait trop si elle sera la position officielle des LR : rebâtir un parc nucléaire et stopper le financement des renouvelables
Extraits :
La vérité des coûts : « Le second principe est de faire la vérité des coûts et de laisser la loi du marché arbitrer entre les autres choix énergétiques, plutôt que d'entretenir des objectifs idéologiques dépassés. L'éolien et le photovoltaïque n'apportent au mix énergétique français qu'une intermittence coûteuse à gérer. Il n'y a donc aucune raison de continuer de les financer par des subventions publiques. S'ils peuvent avoir du sens, par exemple dans des contextes d'autoconsommation, cela se vérifiera par les équilibres du marché : ceux qui vendent doivent être en capacité d'assumer la production. »
Pouvoir d'achat et impacts environnementaux : « L'énergie ne peut être pensée en dehors de la vie d'une société, encore moins contre elle. Elle concerne le pouvoir d'achat des Français : il est hors de question qu'ils paient deux fois leur électricité, une fois à la construction, une fois à la production, et même parfois de manière détournée via la construction d'un réseau d'approvisionnement dédié. Le développement de la production énergétique a aussi un impact sur l'environnement : une électricité ne saurait être écologique si elle atteint la biodiversité, menace le vivant autour d'elle, dégrade nos paysages. C'est le cas en particulier de l'éolien, à terre ou en mer, et nous alertons depuis longtemps sur l'impact de cette technologie sur la protection des espèces ou l'occupation des sols.
S'opposer au développement à marche forcée des renouvelables : S'opposer à l'idéologie qui fait un but en soi du développement à marche forcée des énergies renouvelables nous a valu bien des procès en climatoscepticisme. Et pourtant la France produit déjà l'électricité la plus décarbonée d'Europe, grâce à son mix nucléaire-hydraulique ; et elle est déjà exportatrice nette d'électricité. Autrement dit : lorsque notre pays finance la construction de renouvelables, il subventionne avec l'argent du contribuable français la consommation électrique de nos voisins, tout en imposant à notre réseau une production intermittente déstabilisante pour nos capacités installées. Un contresens total… Mais les Tartuffe de l'écologie politique ne sont pas à une incohérence près »
Cette position a été vivement attaquée par la plupart des leaders et/ou ministre EPR (macronistes) : G. Attal, E. Macron, A. Pannier-Runacher, Y Braun-Pivet…et par certains LR ( Copé, l'avocat des promoteurs éoliens qui veulent faire payer 44 millions d'euros à un village de 200 habitants, Antoine Vermorel-Marques, le M. écologie du LR …A suivre donc Mardi 8 juillet au Sénat !



