Premières réactions au décret / PPE3 : l’absurde ne saurait durer longtemps !

28/02/2026

Dans un fil précédent lien PIEBÎEM a expliqué pourquoi le passage de la PPE3 par un décret non précédé d'une loi était problématique démocratiquement et juridiquement, puis dans un second fil nous avons mis en avant les incohérences, les mensonges d'Etat et la propagande qui ont « émaillé » la présentations de la PPE3 lien . Dans un troisième volet focalisé sur l'éolien en mer, PIEBÎEM a dénoncé un décret open bar pour les oligarques de l'éolien en mer. lien /. Dans ce fil, PIEBÏEM revient sur les critiques les plus significatives contre le décret PPE3 : 1) Jacques Percebois : revoir la copie pour élaborer un document à la fois plus réaliste et avec des ambitions plus cohérentes ; 2) Cérémé : en cédant aux lobbys industriels ENR, le gouvernement engage des investissements totalement inutiles ; 3) Transitions et Energies : Une PPE pour les oligarques ; 4) David Lisnard : un empilement d'investissements dictés par les lobbies et les échéances politiques ; 5) CFE Energie : Mettre fin au soutien public des ENR tant que l'électrification n'augmente pas ; 6) La CRE : limiter l'impact du développement des ENR sur les finances publiques, veiller au juste dimensionnement des investissements dans les réseaux ; 7) Alexandre Jardin : les offres d'achat basées sur cette PPE3 n'auront aucune sécurité juridique ; 8) Bernard Accoyer (PNC) et Xavier Moreno (Cérémé) : une politique qui nuit à la compétitivité, au climat, au pouvoir d'achat et à notre souveraineté ;9) Vent des Maires Le debunk de la PPE3 en images.

1) Jacques Percebois : Revoir la copie pour élaborer un document à la fois plus réaliste et avec des ambitions plus cohérentes. Lien 

« La PPE 3 a été dévoilée le vendredi 13 février (un miracle puisqu'elle parait avec plus de deux ans de retard), sous forme d'un décret, et elle devrait être amendée lors d'un prochain débat parlementaire, probablement après les élections de 2026 et 2027, donnant lieu alors à une loi comme cela doit être la règle. Elle constitue un compromis qui ménage la chèvre nucléaire et le chou renouvelable et parait très ambitieuse, voire peu réaliste, quant aux objectifs fixés pour 2030.

On prévoit de passer de 58% d'énergies fossiles (dont 38% de pétrole et 19% de gaz) contre 42% d'énergies décarbonées en 2025 (dont 26% d'électricité et 16% d'énergie thermique décarbonée) à près de 60% d'énergie décarbonée en 2030 (dont 38% d'électricité) contre un peu moins de 40% pour les énergies fossiles. Un tel effort parait difficilement atteignable en moins de 4 ans.

Du côté de l'offre d'électricité la PPE 3 confirme le choix annoncé à Belfort de construire 6 EPR2 dans un premier temps, avec une mise en service probable vers 2038, et 8 EPR2 dans un second temps. Mais elle prévoit aussi de construire, à court terme cette fois, encore pas mal d'électricité renouvelable intermittente alors que la France est en surcapacité électrique. Il y a certes un coup de frein car la puissance additionnelle prévue est moindre qu'attendue et devrait favoriser la « remotorisation » des parcs existants. Mais ce choix aura deux conséquences néfastes : il sera coûteux en termes d'aides pour le consommateur ou le contribuable (que ce soit sous forme d'obligation d'achat ou de complément de rémunération) puisque les prix de gros auront tendance à chuter lors de l'injection massive d'éolien et de photovoltaïque, d'une part, il va conduire à accroître la modulation forcée du nucléaire, d'autre part…Un facteur de charge plus faible accroît mécaniquement le prix de revient du MWh nucléaire.

Cette PPE3 est donc un document dont le contenu cherche à convaincre le plus grand nombre mais qui in fine ne satisfait vraiment personne, ni les écologistes ni les partisans du nucléaire ; il faudra revoir la copie assez vite pour élaborer un document à la fois plus réaliste et avec des ambitions plus cohérentes

2) Cérémé : en cédant aux lobbys industriels ENR, le gouvernement engage des investissements totalement inutiles lien 

« En cédant à l'aveuglement de mouvements politiques qui continuent à ne voir de salut écologique que dans les énergies intermittentes solaires et éoliennes, sans tirer les leçons de l'échec historique et criant de cette stratégie en Allemagne, en cédant aussi au lobby industriel qui veut bénéficier de contrats garantissant pour 15 à 20 ans la rentabilité de leurs investissements avant une éventuelle alternance politique, le Gouvernement ne donne pas à la France un sursis d'un an comme pour le récent vote du budget. Il engage pour 20 ans des investissements totalement inutiles par rapport aux besoins du pays dont le coût va continuer de peser lourdement sur nos concitoyens via le prix de l'électricité et les impôts ».

Vouloir relancer l'éolien offshore, la plus coûteuse des énergies intermittentes, continuer à aider le photovoltaïque, la plus déstabilisante et l'éolien à terre qui atteint déjà̀ des niveaux très supérieurs aux besoins réels de la France, consiste à persévérer dans le développement massif des énergies intermittentes, une erreur stratégique que l'Allemagne vient de reconnaitre publiquement.

Cette situation est d'autant plus regrettable que la publication du décret intervient sans attendre les conclusions des commissions d'experts désignées par le Gouvernement sur les couts des différents modes de production d'électricité́ et sur le mix électrique optimum en prix et celles de RTE sur l'adaptation des scénarios à l'évolution de la demande. Sans attendre non plus une base législative dont les juristes estiment qu'elle est un préalable pour donner toute sa légalité́ à un décret fixant la politique énergétique de la France pour les 25 ans à venir. »

3) Transitions et Energies : Une PPE pour les oligarques lien 

PPE3, Sébastien Lecornu apôtre du capitalisme de connivence : En promulguant la PPE3 par décret, le Premier ministre Sébastien Lecornu et le ministre de l'Économie et de l'Énergie Roland Lescure sacrifient l'intérêt énergétique et financier du pays au bénéfice d'une poignée d'investisseurs et d'opérateurs privés de parcs de renouvelables intermittents, en quelque sorte des oligarques, qui bénéficieront pendant deux décennies, la durée des contrats, de subventions exorbitantes payées par le contribuable. Et tout cela pour produire une électricité dont le pays n'a nul besoin. Cela a un nom : le capitalisme de connivence. Une notion qui désigne un système dans lequel des acteurs économiques parviennent à nouer des liens privilégiés avec des décideurs politiques afin de s'assurer une rente de situation… au détriment de l'intérêt général.

Enfin dans l'éolien marin, la plus chère de loin des électricités renouvelables intermittentes, le parc installé va exploser et passer à 3,6 GW en 2030 et 15 GW en 2035 pour 1,9 GW installés aujourd'hui et 0,5 GW engagés. Rappelons que d'ores et déjà, les capacités éoliennes et solaires opérationnelles ou en cours de déploiement (68 GW) vont dépasser celles du parc nucléaire (63,2 GW).

4) David Lisnard : un empilement d'investissements dictés par les lobbies et les échéances politiques Lien 

"L'exécutif engage la France pour des décennies par un décret que personne n'a débattu, que personne n'a voté, fondé sur des projections que tout contredit, au profit de filières dont les coûts explosent."

La France exige une électricité compétitive, un signal prix stable et prévisible et des choix de filières hiérarchisés selon leur coût réel complet. Pas un empilement d'investissements dictés par les lobbies et les échéances politiques. Or, ce que promet la PPE3, c'est un alourdissement de la facture électrique qui va détourner les Français de l'électricité, à l'encontre même du but recherché.

La France a besoin d'une stratégie énergétique ambitieuse pour que ses entreprises et ses habitants bénéficient d'une énergie la moins chère possible, fiable et décarbonée, en réduisant autant que possible sa dépendance dans un contexte géopolitique transformé. Il s'agit d'un impératif de compétitivité et de souveraineté, d'une condition sine qua non pour l'industrie et le numérique, d'une nécessité de confort de vie et de pouvoir d'achat pour les ménages. Ce n'est pas avec la PPE3 que le Premier ministre a signé par simple décret, sans débat ni vote des parlementaires, que la France y parviendra.

Derrière cette PPE se cache évidemment un arbitrage politique. Les filières renouvelables ont intensifié leur pression, et on ne peut évacuer l'idée que l'exécutif cherche des alliances en vue de 2027. La PPE serait assortie d'une clause de réexamen à cet horizon, ce qui revient à léguer au prochain gouvernement la responsabilité d'un fiasco programmé.

5) CFE Energie : Mettre fin au soutien public des ENR tant que l'électrification n'augmente pas Lien 

La CFE énergies souligne les risques suivants : un déséquilibre du système électrique à court terme, un développement rapide des capacités de production, notamment renouvelables, alors que la demande d'électricité pourrait rester atone, l'absence d'une analyse en coûts complets du système électrique, qui pourrait conduire à des choix désoptimisant le système et augmentant les prix de l'électricité, ce qui est contraire à l'objectif d'électrification, des difficultés à atteindre les objectifs d'électrification, en raison de freins tels que la désindustrialisation, la stagnation des ventes de véhicules électriques et de pompes à chaleur, et des problèmes d'acceptabilité sociale et d'accessibilité économique, si le Gouvernement ne prend pas à bras le corps le sujet de la fiscalité pesant sur l'électricité.

Pour limiter les risques du pari électrique, la CFE énergies appelle le Gouvernement à flécher l'ensemble des dispositifs de soutien public vers la priorité qu'est l'électrification, mettre fin au soutien public au développement de capacités de production dont la mise en service interviendrait avant la montée en puissance de l'électrification, étendre le statut des Industries électriques et gazières aux salariés des filières renouvelables, afin d'éviter le dumping social.

6) La CRE : limiter l'impact du développement des ENR sur les finances publiques, veiller au juste dimensionnement des investissements dans les réseaux lien 

« La Commission de régulation de l'énergie salue la publication de la Programmation pluriannuelle de l'énergie 3 (PPE3) » mais…

« Par ailleurs, elle apporte son éclairage à Thierry Tuot et Jean-Bernard Lévy dans le cadre de leur mission relative à l'optimisation des soutiens publics aux énergies renouvelables électriques et au stockage d'électricité. Dans un contexte budgétaire contraint, la CRE considère en effet essentiel de trouver le bon ajustement permettant de continuer à développer les énergies renouvelables tout en limitant leur impact sur les finances publiques. Elle a d'ailleurs fait de nombreuses propositions en ce sens en 2025, notamment dans le cadre de ses rapports consacrés aux PPA et au complément de rémunération. »

« Enfin, au travers de sa mission de régulation des réseaux, la CRE restera vigilante quant au juste dimensionnement des investissements pour renouveler et moderniser les réseaux qui doivent l'être, adapter ces derniers au changement climatique et accompagner, au bon niveau, l'augmentation de la demande. »

7) Alexandre Jardin : les offres d'achat basées sur cette PPE3 n'auront aucune sécurité juridique lien 

Avis aux entreprises qui voudront saigner le contribuable français en répondant aux appels d'offres éoliens de la #PPE3 NON VOTÉE PAR LE PARLEMENT : nous publierons bientôt, une tribune collective impliquant de grandes signatures françaises pour expliquer comment ces contrats seront cassés malgré les clauses protectrices pour les entreprises. Tout cela fut vendu aux conseils d'administrations comme une rente garantie par l'État français : ce sera tout le contraire. La nation se battra. Ces contrats ne seront jamais en sécurité juridique. Notre peuple doit être défendu «

8) Bernard Accoyer PNC et Xavier Moreno Cérémé : une politique qui nuit à la compétitivité, au climat, au pouvoir d'achat et à notre souveraineté, lien 

La feuille de route énergétique du gouvernement, présentée ce jeudi par Sébastien Lecornu, ne permettra pas de stopper une politique qui nuit à la compétitivité, au climat, au pouvoir d'achat et à notre souveraineté,

« Errare humanum est », l'erreur est humaine. Après 15 années d'errements, le chancelier Merz vient de dire clairement au peuple allemand que l'abandon du nucléaire et le pari sur l'éolien et le solaire, couplés au gaz et charbon quand le vent et l'ensoleillement font défaut, ont été une grave erreur. Reconnaître l'erreur est le préalable à sa correction.

Quant au risque de pénurie d'électricité brandi par les mêmes lobbies, la France est plutôt menacée de subir 10 années d'austérité et de faible croissance pour remettre de l'ordre dans ses finances publiques, comme l'a dit dans une récente tribune l'un des plus lucides et compétents responsables publics, le directeur général de la BPI. La raison commande d'attendre quelques années et de voir s'inverser réellement la courbe de la demande d'électricité, et se résorber la situation de forte surcapacité actuelle, avant de relancer les moyens de faire face à un éventuel risque de pénurie aux heures de pointe. Risque qu'une énergie intermittente non pilotable est par définition incapable de réduire.

N'oublions pas non plus, pour préparer l'avenir, les immenses perspectives technologiques des réacteurs nucléaires de quatrième génération pour recycler le combustible, ni les progrès de la fusion, pour que la France reste à l'avant-garde de ces technologies, plutôt que de gaspiller l'argent du contribuable et du consommateur dans d'inutiles et nuisibles panneaux photovoltaïques chinois ou turbines éoliennes importées.cf Pf joint

9) Le debunk de vent des Maires en images cf fichier joint 

Debunk de la PPE3 par Vent des Maires ci_dessous

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