Raccordement de Bretagne sud à Erdeven : Loutres, Grands Murins et Tritons

27/10/2025

PIEBÎEM a mis en avant le problème de la conciliation de la zone éolienne Bretagne sud et du classement Unesco des mégalithes, pour la covisibilité de sites prestigieux et en ce qui concerne l'atterrage à Erdeven. Mais ce n'est pas le seul. Les dunes d'Erdeven constituent un complexe d'habitats caractéristiques des zones humides intradunales exceptionnel classé Natura 2000 riche en biodiversité pour la flore et pour la faune. Parmi la faune éventuellement menacée par l'atterrage, PIEBÎEM attire l'attention à titre non exclusif sur trois espèces protégées : la Loutre d'Europe, le Grand Murin et le Triton Crêté. 1)La Loutre d'Europe (lutra lutra) : elle a failli disparaitre. La zone de l'atterrage représente une zone en cours de recolonisation ; 2) Le Grand Murin : une population faible sur la zone et très fragile ; 3) Le Triton Crêté : raréfaction importante, statut UICN Vulnérable en Bretagne. Décidément, cet atterrage à Erdeven est une très mauvaise idée. Les associations de défense de la Nature s'empareront-elles du sujet ?

NB sur ce sujet et d'autres, PIEBÎEM organise une réunion débat à Erdeven le Vendredi 31 octobre 2025, à 17h00 au Café O'Local à Erdeven ( Place Avel Vor à Kerhillio)

A Erdeven, il y a les mégalithes et aussi les dunes, un complexe d'habitats des zones humides intradunales exceptionnel

PIEBîEM, allié à des associations de défense du patrimoine et de la mémoire bretonne lien  lien  a soulevé le problème de la conciliation de la zone éolienne Bretagne sud et du patrimoine exceptionnel maintenant reconnu par l'Unesco des mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan, particulièrement en ce qui concerne la covisibilté de sites emblématiques et le raccordement à Erdeven. Or ce n'est pas le seul problème que pose le raccordement à Erdeven dont les dunes constituent un complexe d'habitats caractéristiques des zones humides intradunales exceptionnel : 34 espèces végétales à forte valeur patrimoniale. Le document d'objectif de la zone Natura 2000 FR 5300027 Massif dunaire Gâvres Quiberon et zones humides associées le décrit ainsi : « Pas moins de dix habitats composent cet ensemble exceptionnel de dunes, parmi lesquels trois habitats prioritaires dont les ourlets thermophiles, présents uniquement en France et au Royaume-Uni, et les groupements de l'Euphorbio-Helichrysion à arbustes nains. Les apports d'eau douce continentale qui viennent buter sur le massif dunaire ont donné naissance à un complexe d'habitats des zones humides intradunales tout à fait exceptionnel puisque la totalité des sous-types des dépressions humides intradunales de la façade atlantique sont présents : pelouses pionnières, bas-marais, prairies, roselières et saulaies. De plus, la présence simultanée de marais neutro-alcalins (habitat prioritaire) et de tourbières basses alcalines constitue une rareté pour la Bretagne. »

Nous avons choisi dans cet article de n'évoquer que la faune particulière qui risque d'être impactée par l'atterrage, et plus particulièrement trois espèces :la Loutre d'Europe, le Grand Murin et le Triton Crêté.

La faune éventuellement menacée par l'atterrage : loutre d'Europe, chauves-souris (Grand Murin), Triton crêté, demoiselles, libellules-…

1)La Loutre d'Europe (lutra lutra) : elle a failli disparaitre. La zone de l'atterrage représente une zone en cours de recolonisation

Des indices de présence occasionnelle de la loutre ont été récoltés sur les étangs de Kervran Kerzine dans les années 70 / début des années 80. La zone de présence la plus proche est la rivière d'Etel mais il n'est pas exclu que les loutres fassent des incursions dans les étangs de Plouhinec à partie des bassins du Scorff et du Blavet, via la rade de Lorient et la Petite Mer de Gâvres. La zone d'atterrage est potentiellement considérée comme une zone en cours de recolonisation. NB : La loutre d'Europe aurait disparu de Bretagne sans d'énergiques mesures de protection qui ont permis son retour. Liste rouge France/Bretagne

La loutre était autrefois présente sur l'ensemble du territoire de France métropolitaine, à l'exception de la Corse. Ses populations ont fortement régressé au cours du siècle dernier, au point de frôler l'extinction, en raison d'une chasse intensive et de la dégradation de ses habitats. A la fin des années 1980, l'espèce n'était plus que présente dans le Massif central et sur la façade atlantique. Grâce à l'interdiction de chasse et à sa protection légale au cours de cette période, et à partir de ses derniers bastions de population, la Loutre a pu amorcer une lente recolonisation de ses anciens territoires. Liste rouge France/Bretagne.

2) Le Grand Murin : une population faible sur la zone et très fragile

Le Grand Murin est une des plus grosses chauves-souris bretonnes (quelques centimètres de long et pesant une vingtaine de grammes), qui se nourrit de gros insectes qu'il chasse dans les prairies et les forêts. Il vit en colonies de quelques dizaines d'individus qui occupent des greniers pour ses gîtes estivaux et des souterrains pour hiberner en hiver.

Comme la plupart des chauves-souris, le Grand Murin a énormément régressé au cours de la seconde moitié du siècle dernier. Il est désormais rare et menacé. Ses capacités de reproduction sont très limitées, contrairement aux rongeurs (un seul petit par an) mais compensées par une longévité importante (jusqu'à trente ans). Les colonies de Grand Murin connues dans la région sont localisées en Morbihan, Ille-et-Vilaine et Loire-Atlantique.

Le grand Murin aété trouvé dans des blockhaus sur la dune de Plouharnel. Il s'agit d'individus isolés dont la population est très faible, et compte-tenu du faible taux de reproduction, très fragile. L'étude environnementale d'Etat initial montre que, de façon générale, le statut des chiroptères sur cette zone est mal connu et mériterait d'être précisé.- à vérifier si des habitats peuvent être dérangés par les travaux.  UICN : Préoccupation mineure mais état de conservation défavorable, inadéquat.

3) Le Triton Crêté : raréfaction importante, statut UICN Vulnérable en Bretagne

La Bretagne abrite 15 espèces d'amphibiens, parmi lesquelles des grenouilles, tritons, salamandres, etc. Toutefois, plus de trois quarts de ces espèces connaissent un déclin à l'échelle nationale, avec une baisse estimée de 30 % des populations en seulement 15 ans. Ces chiffres alarmants soulignent un affaiblissement de la biodiversité locale et révèlent un mal-être écologique. lien Bretagne Vivante 

Le triton Crêté ( « Godzilla des mares) est caractérisé par sa grande taille (les mâles mesurent entre 12 et 16 cm, les femelles jusqu'à 18 cm, des membres massifs, la queue aussi longue que le corps, une peau rugueuse, un ventre jaunâtre ou orangé avec des tâches sombres et une crête en période nuptiale . Le triton crêté a connu une très forte régression récente:et est devenue plus ou moins rare dans la majorité des régions de son aire. La raréfaction importante du triton crêté est due à de multiples facteurs : l'agriculture intensive, remembrement agricole, aménagement rputier, mais en premier lieu le comblement des mares ou leur artificialisation. Statut UICN Vulnérable en Bretagne)

Ouest France rapporte qu'en 2023, un projet de zone industrielle dans la Sarthe a été modifié pour protéger le Triton crêté. « Le triton crêté est une espèce protégée. ...On avait le choix de le déplacer avec tous les aléas que cela comporte ou de le laisser et respecter son environnement On a préféré supprimer un bâtiment, le plus petit des deux envisagés, de 12 000m2. Le projet s'y prêtait bien… Nous occuperons désormais uniquement la surface de la friche industrielle et non plus des terres anciennement agricoles devenues constructibles. » lien 

D'autres animaux à fort enjeu sont potentiellement présents sur la zone et il est recommandé d'établir les potentialités du milieu pour cette espèce, de définir précisément leur présence ou non et leur localisation, et éventuellement d'effectuer un suivi. C'est notamment le cas de la Rosalie des Alpes (coléoptère protégé, ainsi que son habitat - sites de repos et de reproduction), de l'Écaille chinée (un papillon aux ailes antérieures noires, zébrées de bandes blanc-crème obliques qui recouvrent au repos les ailes postérieures rouge). Enfin, les zones humides arrière dunaires accueillent une faune odonatologique (libellules et demoiselles) très riche, avec 26 espèces dénombrées. » Au moins cinq espèces d'odonates sont présents sur la zone et en danger : Aeshna isoceles (UICN : En Danger) , Coenagrion Pulchelium ( Agrion Joli) UICN :En Danger), Lestes dryas Kirby (UICN :En Danger), Leucorrinha albifrons (UICN :En Danger), Gomphus simillimus Selys (UICN : Vulnérable)

Décidément, cet atterrage à Erdeven est une très mauvaise idée. Les associations de défense de la Nature ( Bretagne vivante ...) s'empareront-elles du sujet ?

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