RTE s’apprête enfin à revenir sur ses prévisions de demande électrique et à les baisser, mais pas encore suffisamment pour tenir compte des réalités
Ce fut et c'est toujours une de nos raisons principales de refuser la PPE3 actuelle et appuyée notamment par l'Académie des Sciences, l 'Académie des Technologies,, le CEREME, le Haut Commissaire à l'Energie Atomique, de demander un moratoire immédiat sur les ENR électriques, notamment l'éolien en mer lien : la surestimation de la demande électrique dans les scenarios RTE, sous l'influence des lobby ENR est de plus en plus intenable. De fait, RTE, nous donnant enfin partiellement raison ou plutôt à la réalité, s'apprête enfin à revenir sur ses prévisions de demande électrique et à les baisser significativement.- mais encore beaucoup moins que ce préconise l'Académies des Sciences. Ceci implique que la PPE3 soit significativement revue. 1) RTE écoutera-t-il enfin les scientifiques plutôt que les lobbys ENR ? 2) La France va consommer beaucoup moins d'électricité que prévue : aveu tardif et encore insuffisant ; 3) Henri Wallard ! les hypothèses de la PPE3 sont caduques ; pas d'urgence d'augmenter la production électrique ; 4) La note historique de Vincent Berger, Haut Commissaire à l'Energie Atomique : chaque actif nouvellement installé sera quasi échoué dès son inauguration
1) RTE écoutera-t-il enfin les scientifiques plutôt que les lobbys ENR ?
C'est l'Académie des Sciences qui a jeté, lors de sa contribution sur la PPE3, le premier pavé dans la mare pour un moratoire sur les ENR : Il est incompréhensible que les objectifs de production électrique totale ne tiennent pas compte, à travers des scénarios alternatifs, de la réalité suivante : depuis 2017, la consommation électrique diminue globalement, passant de 480 à 449 TWh en 2024, en contradiction avec les prévisions… Avec des besoins en électricité de 508 TWh en 2035, aucune capacité supplémentaire de production électrique ne serait alors nécessaire, la production actuelle étant suffisante. Pourquoi, alors, envisager 200 TWh d'énergies renouvelables (EnR) supplémentaires… Plus inquiétant encore, cette production repose principalement sur une augmentation massive des énergies solaire et éolienne intermittentes, passant de 73 TWh en 2023 à 254-274 TWh en 2035. Cette évolution entraînerait des surcapacités considérables, coûteuses et inutiles. lien
De son côté, l'Académie des technologies dans sa contribution à la PPE3 met en garde contre le développement des ENR électriques non justifié par la demande, particulièrement l'éolien offshore flottant, s'étonne des résultats des appels d'offre et des tarifs français sur l'éolien en mer et demande une plus grande transparence. L'Académie appelle à l'estimation sincère des coûts complets des ENR et estime qu'elles doivent prendre en charge l'ensemble de leurs externalités négatives , et par exemple, des écrêtements sans compensation. L'éolien flottant est à déprioritiser lien
2) La France va consommer beaucoup moins d'électricité que prévue : aveu tardif et encore insuffisant
« Le gestionnaire du réseau électrique français RTE s'apprête à publier de nouveaux scénarios de consommation 9 % inférieurs à ceux du bilan prévisionnel 2023, selon des informations révélées par Montel.
Dans un document préparatoire daté d'octobre et consulté par Montel, RTE s'apprête à réviser à la baisse ses projections de demande d'électricité à l'horizon 2030-2035. Les nouvelles estimations seraient 9 % inférieures aux précédentes. Le directeur de la prospective de RTE, Thomas Veyrenc, prévenait : « les prochains mois seront cruciaux ».
Le gestionnaire du réseau table désormais sur une demande comprise entre 470 et 510 TWh en 2030 puis 505 à 580 TWh en 2035. RTE constate donc un ralentissement de l'électrification à la fois conjoncturel et structurel. » L'efficacité et la sobriété compenseraient l'électrification. Lien Révolution Energétique ; lien Les Echos
3) Henri Wallard : les hypothèses de la PPE3 sont caduques ; pas d'urgence d'augmenter la production électrique
Le secret de Polichinelle sera très bientôt rendu public. La France anticipe finalement une consommation électrique moins forte qu'envisagé pour la décennie à venir. Le constat fait consensus au sein des réunions de concertation menées ces derniers mois par RTE le gestionnaire public des lignes à haute tension.
Exercice imposé par le Code de l'énergie, la mise à jour du bilan prévisionnel de RTE anticipe une demande d'électricité comprise entre 505 et 580 TWh dans l'Hexagone en 2035, indiquent plusieurs sources, qui confirment une information de Montel News. Soit entre 4 et 9 % de moins que l'estimation de 525-640 TWh publiée il y a deux ans.
RTE va annoncer le 9 décembre ses nouveaux scénarios de consommation électrique pour la France. Ils ont déjà circulé et sont en baisse. Rien de surprenant car notre consommation est stagnante en 2025 après une baisse de 6 % depuis 2017. Notre production électrique en 2024 ( 539 TWh) dépasse largement notre consommation ( 442 TWh) mais aussi le scénario bas des nouvelles prévisions de RTE pour 2035 ! ( 505 TWh).
Nous avons une réserve de 40 TWh de production nucléaire supplémentaires et plus de 20 GW de renouvelables sont dans les tuyaux... Il n'y a donc aucune urgence. La PPE3 poussait à un scénario de production de 680 à 730 TWh pour être très exportateur, mais cela coûte très cher d'autant que les prix à l'export sont peu rentables. Il faut d'abord relancer la consommation et ajuster avec prudence le rythme des investissements de production.
Ce plan nous engage lourdement et montre a posteriori que sortir la PPE3 par un décret en plein mois d'août comme le proposait le précédent ministre de l'industrie n'avait aucune justification technique. François Bayrou s'y était à juste titre refusé.
Les hypothèses de la PPE3 présentées en consultation au printemps sont caduques et comme le prévoient les textes la programmation énergétique doit faire l'objet d'une loi. Une pause permettant l'analyse technique révisée et un débat parlementaire bien préparé est indispensable. Lien
4) La note historique de Vincent Berger, Haut Commissaire à l'Energie Atomique : chaque actif nouvellement installé sera quasi échoué dès son inauguration
Les risques d'investir massivement dans les ENR sans besoins correspondants et les surcoûts considérables qui en résultent pour la facture électrique sont un des aspects importants mis en avant dans cette note historique du Haut-Commissaire à l'Energie Atomique Vincent Berger qui a sans doute dissuadé François Bayrou de publier un décret PPE3 absurde.
« De fait, les moyens renouvelables actuellement mis en service et, pire, ceux programmés dans la prochaine décennie, seront très largement contraints de ne pas produire. Chaque actif nouvellement installé sera quasi échoué dès son inauguration, c'est-à-dire qu'il ne pourra produire que marginalement. Cela se traduira par des surcoûts considérables pour le contribuable, pour une électricité qui ne sera pas produite. Tous ces arguments poussent pour une orientation des efforts vers la demande et non sur l'offre de production électrique.Davantage de flexibilité pourrait par ailleurs aider à faire face à la surcapacité de production durable (augmentation des moyens de stockage, développement des stations de pompage hydroélectriques, déplacement des consommations aux heures où la surproduction est la plus manifeste).Le temps long de construction de nouveaux moyens de production ne doit pas nous faire peur d'être pris de court par une demande qui surviendrait d'un seul coup. Renouvellement du parc automobile, réindustrialisation souhaitée : l'augmentation de la demande prendra au contraire beaucoup de temps. Ceci n'est pas un problème mais une opportunité. Cela permettra d'avoir de la visibilité sur l'anticipation du moment où l'offre pourra à nouveau être augmentée sans s'avérer un fardeau financier sans aucun bénéfice. »
Vincent Berger, Haut-Commissaire à l'énergie atomique lien





