Un décret PPE3 nocif : il faut un moratoire sur le développement des ENR et refuser la sécurité juridique aux appels d’offre (en particulier éolien en mer) conclus dans son cadre
Quatre tribunes d'experts sur le décret PPE3, quatre vues convergentes sur sa nocivité. 1) Alexandre Jardin ( Les Gueux) , André Merlin, Natacha Polony : il est urgent de retirer de la PPE 3 tout ce qui favorise les ENR ; 1a) Il n'y aura aucune sécurité juridique pour les prédateurs éoliens et solaires avec des contrats dans le cadre du décret PPE3 ; 1b) La PPE3 doit impérativement être réévaluée : nous avons besoin d'une électricité stable, pilotable, décarbonée. 2) Bernard Accoyer (PNC), Xavier Moreno (Cérémé) : Avec la PPE 3, la France persiste à saborder sa filière nucléaire » ; 2a) ENR et nucléaires ne sont pas complémentaires, c'est un pur mensonge technique ; 2b) Développement des ENR électriques, une erreur qui coûte cher : stopper toutes les aides publiques ou garanties de prix par l'Etat. 3) Bernard Accoyer ( PNC) et Marc Fontecave ( Académie des Sciences) : « D'ici à 2035, le prix de l'électricité pourrait augmenter de plus de 30% en France et baisser de plus de 20% en Allemagne ; 3a) Un décret passé sans études d'impacts techno économiques et des risques marché de l'électricité instable ; pression sur les réseaux électriques ; modulation excessive du parc nucléaire ; 3b) Le triple échec des ENR : souveraineté, décarbonation, compétitivité et le problème de la modulation nucléaire. 4) Pierre Gadonneix ( ex-pDG d'EDF) : Pour préserver l'atout que représente l'originalité de notre mix électrique, il est nécessaire de faire une pause dans le développement de nouvelles capacités de production électrique subventionnées, pour au moins dix ans ; 4a) Les objectifs ENR de la Commission Européenne ne sont ni pertinents, ni légitimes ; 4b) Développer les ENR aurait pour conséquence de substituer une énergie de plus en plus subventionnée à de l'électricité nucléaire non subventionnée- un moratoire d'au moins 10 ans est nécessaire.
1) Alexandre Jardin ( Les Gueux) , André Merlin, Natacha Polony : il est urgent de retirer de la PPE 3 tout ce qui favorise les ENR lien
1a) Extraits : Aucune sécurité juridique pour les prédateurs éoliens et solaires avec des contrats dans le cadre du décret PPE3. Personne ne s'enrichira sur le dos de la nation
« Soyons clairs, la PPE3 était à la base une faute grave contre la France et un choix non démocratique puisqu'elle fut adoptée par décret sans vote du Parlement, mais avec la guerre au Moyen-Orient elle devient une stupidité historique. Au moment même où le prix du gaz et du pétrole montent en flèche, nous allons en plus faire exploser le prix de notre électricité. Ce choix confine désormais à la démence. »
« Soyons encore plus clairs, les entreprises prédatrices qui se précipiteraient — avant le départ d'Emmanuel Macron — pour répondre aux appels d'offres éoliens et solaires rendus possibles par la signature hâtive de ce décret anti-France ne bénéficieront d'aucune sécurité juridique. Même signés dans la précipitation, ces contrats seront résiliés, cassés, annulés…
Personne ne s'enrichira sur le dos de la nation. Les factures d'électricité des Français et de nos entreprises seront protégées. Nous ne laisserons pas cette prédation indigne de la France racketter notre peuple au moment où la situation internationale va alourdir les notes de pétrole et gaz. Dès maintenant, les Conseils d'administration des entreprises concernées, leurs investisseurs français et étrangers, doivent être mis en garde. Un autre gouvernement pourra activer toutes les procédures nécessaires pour casser les contrats hostiles à la France conclus à la hâte. Le droit administratif français comporte des leviers puissants qui seront utilisés comme ils doivent l'être face à une série d'illégalités flagrantes. Quelles que soient les clauses protectrices accordées par le gouvernement actuel, la nation disposera des moyens juridiques pour se défendre contre ce pillage.
1b) La PPE3 doit impérativement être réévaluée : nous avons besoin d'une électricité stable, pilotable, décarbonée
Notre souveraineté énergétique exige plus que jamais une électricité stable. Pilotable. Décarbonée. Les énergies intermittentes coûtent cher. Elles fragilisent l'ensemble du parc nucléaire, comme l'a récemment rappelé l'Amiral Jean Casabianca, inspecteur général en sûreté nucléaire. Le retrait partiel du décret du 12 février 2026 concernant les EnRI s'impose donc. Des mesures d'urgence doivent être prises. La priorité d'accès au réseau pour le nucléaire doit être instaurée. Les renouvelables ensuite. Les EnRi doivent venir en simple complément. La PPE3 doit impérativement être réévaluée. Stratégiquement. Globalement.
2) Bernard Accoyer (PNC), Xavier Moreno (Cérémé) : Avec la PPE 3, la France persiste à saborder sa filière nucléaire » lien
La feuille de route énergétique du gouvernement, présentée ce jeudi par Sébastien Lecornu, ne permettra pas de stopper une politique qui nuit à la compétitivité, au climat, au pouvoir d'achat et à notre souveraineté. Extraits
2a) ENR et nucléaires ne sont pas complémentaires, c'est un pur mensonge technique :
« RTE a mis à la disposition de chaque citoyen une application, Eco2mix, qui montre, heure par heure, la réalité de la production et de la consommation d'électricité. Elle révèle, par ses graphiques limpides, que la prétendue « complémentarité » du nucléaire avec les renouvelables intermittentes est un pur mensonge technique. Le nucléaire, grâce auquel nous avons une électricité abondante, décarbonée et compétitive, doit fonctionner sans à-coups de production. Son complément doit être une énergie pilotable comme l'hydraulique ou les centrales au gaz ou biogaz, très flexibles pour s'adapter aux variations de la demande. Accroître la puissance installée en éolien et solaire, qui fluctuent au gré de la météo, et qui est déjà équivalente à la puissance de 45 réacteurs nucléaires, aggraverait les difficultés d'équilibrage du réseau dans un contexte de forte surproduction d'électricité et de stagnation persistante de la demande »
2b) Développement des ENR électriques, une erreur qui coûte cher : stopper toutes les aides publiques ou garanties de prix par l'Etat.
« L'erreur se paye déjà comptant pour les consommateurs, avec un doublement du prix de l'électricité depuis le « Grenelle de l'environnement » et pour le budget de l'État avec des crédits de soutien aux EnRI portés à 12 milliards d'euros cette année et qui augmenteront encore en 2027.
En conclusion, on espère que le premier ministre, qui entend porter un regard neuf et sans préjugés sur les blocages hérités de ses prédécesseurs, remaniera en profondeur le projet de PPE 3 autour de trois idées simples : donner le feu vert attendu pour la relance du nucléaire ; stopper toutes les aides publiques ou garanties de prix à tout nouveau projet d'énergie intermittente, éolien ou solaire ; redéployer les économies réalisées vers les investissements de décarbonation des secteurs qui utilisent encore l'énergie fossile : industrie, transports, tertiaire et logement, responsables de trois quarts des émissions de CO2 en France…. Les promoteurs éoliens ou photovoltaïques ont annoncé qu'ils allaient pouvoir stocker l'électricité pour la vendre lorsque la demande est forte et les prix spot élevés. Laissons-les développer leurs projets à leur risque, sans aide de l'État, faute de garantie sur la portée et la viabilité économique et environnementale de ce stockage »
« N'oublions pas non plus, pour préparer l'avenir, les immenses perspectives technologiques des réacteurs nucléaires de quatrième génération pour recycler le combustible, ni les progrès de la fusion, pour que la France reste à l'avant-garde de ces technologies, plutôt que de gaspiller l'argent du contribuable et du consommateur dans d'inutiles et nuisibles panneaux photovoltaïques chinois ou turbines éoliennes importées »
3) Bernard Accoyer ( PNC) et Marc Fontecave ( Académie des Sciences) : « D'ici à 2035, le prix de l'électricité pourrait augmenter de plus de 30% en France et baisser de plus de 20% en Allemagne » lien
Le gouvernement a adopté par décret la troisième Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE 3), qui fixe la stratégie énergétique de la France pour la prochaine décennie. L'ancien président de l'Assemblée nationale et le professeur au Collège de France alertent sur ses dangers. Extraits
3a) Un décret passé sans études d'impacts techno économiques et des risques marché de l'électricité instable ; pression sur les réseaux électriques ; modulation excessive du parc nucléaire
« En l'absence de loi, il n'y a pas eu d'étude d'impact technico-économique définissant le mix électrique optimal. Notre mix est un atout précieux. Le développement des EnRi (énergies renouvelables intermittentes) a entraîné une forte hausse du prix de l'électricité pour le consommateur. Il faut aussi comptabiliser les charges pour le budget de l'État. La PPE 3, légèrement modifiée, poursuit la même voie, elle aura les mêmes effets. Selon les documents officiels, le soutien aux EnRi sera d'ici à 2060 de 212 Mds € dont environ 100 pour la PPE 3, sans prendre en compte les coûts induits de flexibilité, stockage, réseaux et raccordements, perte d'exploitation du nucléaire, le tout pour plusieurs centaines de milliards. Avant 2025, ces soutiens sont environ de 100 Mds €. Ces chiffres impressionnants méritaient une évaluation technico-économique rigoureuse. Pour l'avenir, il faudrait que les prochains appels d'offres pour les nouvelles capacités à installer fassent l'objet d'études d'opportunité et d'impact. Il est peu probable que cela soit fait.
L'importance de la question énergétique méritait un débat parlementaire et une loi. Il y a eu des consultations publiques. L'Académie des sciences a publié un avis le 8 avril 2025, donnant un avis positif sur la relance du nucléaire. D'ailleurs, la chose la plus utile de ce texte est de supprimer de la PPE précédente l'absurde fermeture de 14 réacteurs nucléaires en bon état de fonctionnement. Cet avis s'étonnait, par ailleurs, d'objectifs d'augmentation massive de production électrique intermittente, alors que la demande électrique est en baisse depuis 2017, et alertait sur les risques évidents sur le système électrique d'une telle surproduction variable : marché de l'électricité instable ; pression sur les réseaux électriques ; modulation excessive du parc nucléaire. Ces avis n'ont pratiquement pas été écoutés. »
« La PPE 3 multiplie par trois les capacités de production éoliennes et solaires installées aujourd'hui. Même si c'est inférieur aux objectifs annoncés il y a un an, c'est encore décorrélé des véritables besoins… »
3b) Le triple échec des ENR : souveraineté, décarbonation, compétitivité et le problème de la modulation nucléaire
L'ajout massif de puissances éolienne et solaire ne change par contre rien à l'intensité carbone du système électrique puisque ce dernier est en France presque totalement décarboné. L'augmentation du prix de l'électricité aura un effet boule de neige : elle rendra plus difficile l'électrification des usages et la réindustrialisation souhaitées, et renforcera donc tous les impacts négatifs d'une surproduction intermittente électrique.
L'échec est triple. Échec de souveraineté puisque 90% des panneaux solaires sont importés de Chine, et que les services de l'État, pour les appels d'offres éoliens, accepteront jusqu'à 80% d'aimants permanents chinois. Échec pour la décarbonation puisque notre électricité est déjà décarbonée. Échec pour la compétitivité puisque les aides aux renouvelables entraînent une hausse du prix de l'électricité pour les ménages et les industriels et une charge massive pour l'État. »
« Le gouvernement pouvait être gêné par le contenu du rapport d'EDF, une excellente analyse d'ingénieurs et de techniciens. Il alerte sur les conséquences d'une surproduction électrique intermittente, prévue par la PPE 3, sur le parc nucléaire, dont la production est amenée à être modulée de plus en plus, en intensité et en fréquence. Ceci aura des impacts à la fois techniques (une usure prématurée de certains équipements comme les turbines, pompes, alternateurs), organisationnels (rapprochement des opérations de maintenance, travail des équipes plus complexe) et financiers (perte de revenus et de rentabilité). Il faudra attendre pour en savoir plus sur ces derniers »
4) Pierre Gadonneix ( ex-pDG d'EDF) : Pour préserver l'atout que représente l'originalité de notre mix électrique, il est nécessaire de faire une pause dans le développement de nouvelles capacités de production électrique subventionnées, pour au moins dix ans » lien
4a) Les objectifs ENR de la Commission Européenne ne sont ni pertinents, ni légitimes
La France a fait le choix depuis des années 2010 de baser son mix électriques sur les deux énergies primaires non émettrices de CO2 : le nucléaire et le renouvelable. Elle a suscité et suscite encore des attitudes hostiles au nucléaire en France mais aussi en Europe. En effet la position constamment soutenue par les autorités françaises dans toutes les instances européennes est que le nucléaire au même titre que les renouvelables participent à la réduction des émissions de CO 2. Dans cette perspective les objectifs européens fixés à chaque Etat membre sur l'augmentation de la part des énergies renouvelables dans le mix électrique ne sont ni pertinents ni légitimes. Ces objectifs ont été dictés sous la pression des lobbies écologiques antinucléaires mais aussi sous la pression des autorités allemandes pas mécontentes d'affaiblir au passage l'avantage compétitif que représente le parc nucléaire français lequel produit l'électricité nettement plus compétitive que le système électrique allemand - le chancelier Friedrich Mertz rappelant à juste titre que la décision allemande de sortie du nucléaire avait été une grave erreur stratégique et que le désastre dans ce domaine nécessitait d'arrêter toute subvention à de nouvelles capacités renouvelables.
Au cours des 10 dernières années, la production nucléaire est restée stable tandis que la production d'énergie renouvelable s'est fortement développée pour représenter 15% du marché. Cette croissance du renouvelable est le résultat de la substitution aux énergies fossiles, centrales au charbon au fioul et au gaz. Cette substitution est aujourd'hui achevée : toute poursuite du développement de capacités des renouvelables en l'absence de croissance du marché se fera au détriment de l'énergie nucléaire.
4b) Développer les ENR aurait pour conséquence de substituer une énergie de plus en plus subventionnée à de l'électricité nucléaire non subventionnée- un moratoire d'au moins 10 ans est nécessaire.
Vouloir substituer les énergies renouvelables au nucléaire relève pour ainsi dire du pur gaspillage. Celles-ci sont très fortement subventionnées via notamment un mécanisme de garantie de prix qui devient de plus en plus coûteux avec la croissance des capacités de production alors que les besoins ne sont pas au rendez-vous.
Du fait de la sous-consommation, près de la moitié de l' énergie solaire produite cette année est mise sur le marché pendant les heures creuses où les prix de marché sont nuls. Dans cette situation, la recette garantie aux producteurs est donc entièrement assurée par des subventions publiques. Le surcoût collectif d'un tel mécanisme dépasse cette année les 10 milliards d'euros soit 15% du prix de l'électricité et ce surcoût ira croissant en cas de développement de telles surcapacités.
Dans ces conditions ,et pour préserver l'atout que représente l'originalité de notre mix électrique, il est nécessaire de faire une pause dans le développement de nouvelles capacités de production électrique subventionné pour au moins 10 ans. La poursuite de la création de nouvelles capacités d'électricité renouvelable aurait pour conséquence de substituer une énergie de plus en plus subventionnée à de l'électricité nucléaire non subventionnée mais qui nécessiterait des concours publics si la dégradation du marché de l'électricité venait à se confirmer.





















