Zone éolienne Bretagne sud : Pennavel commence à dégrader les exceptionnels fonds marins
Pennavel, consortium des groupes Elicio et BayWa r.e, qui porte le projet éolien en mer au large de Belle-Île et Groix, engage cet été une campagne d'étude des fonds marins qui comporte notamment des tests de pénétrations du fonds marins et des carotages de six mètres. PIEBÎEM rappelle que la zone industrielle éolienne Bretagne sud comporte des fonds d'une richesse exceptionnelle, avec des habitats fragiles et pour certains protégés, tel les coraux des mers froides, les bancs de Maërl, les herbier de zostères, pennatules et terriers de langoustine, qui devraient exclure toute installation d'éoliennes. Les travaux même de détection en cours, avec leurs tests de pénétration de cônes et leurs carotages présentent de sérieux risques de dégradation sur lesquels nous alertons et prendrons toutes mesures adaptées. De quelles autorisations dispose Pennavel pour cela ?
Une campagne de test susceptible de dégrader les fonds
Pennavel, consortium des groupes Elicio et BayWa r.e, qui porte le projet éolien en mer au large de Belle-Île et Groix, engage cet été une campagne d'étude des fonds marins dont l'objectif est « d'évaluer les conditions du site en caractérisant la stratigraphie superficielle, la morphologie ainsi que l'organisation des couches et des structures du sous-sol marin sur une zone d'environ 40 km².
Cette opération est confiée à GEOxyz, une société belge qui qui dispose d'une implantation à Saint-Philibert, dans le Morbihan. Elle utilisera pour son navire de survey en haute mer Geo Ocean IX avec un équipage francophone et international, et la présence d'un officier de liaison pêche francophone à bord », précise Pennavel.
Le Geo Ocean IX est l'ancien Bourbon Fulmar faisant partie faisant partie d'une série de six navires que Bourbon avait commandés en 2013 et 2014 aux chantiers Grandweld de Dubaï. Ce navire d'étude offshore polyvalent, de 53.8 mètres de long, par 13 de large, est équipé pour les levés géophysiques et géotechniques. Il dispose de 24 postes d'amarrage, d'une grue offshore et de systèmes d'étude. Le déploiement rapide des équipements est possible grâce à son grand portique arrière.
GEOxyz débute par des études géophysiques mobilisant sondes, sonar et équipements fixés à la coque du navire ainsi que d'instruments tractés. La campagne sera réalisée sur l'ensemble de la zone selon un maillage de lignes «Nord-Sud» et «Est-Ouest», réparties en trois blocs, principalement afin de coordonner les activités avec les usages existants. « Soucieux du maintien de cette coordination », Pennavel dit avoir « affiné la période d'intervention en mer pour s'adapter à la saisonnalité des activités de pêche connues sur le secteur ».
Durant le mois de septembre, des études géotechniques légères vont également être engagées pour confirmer les hypothèses sur la nature du terrain. Un test par pénétration de cône, dit CPT (Cone Penetration Test), va mesurer les propriétés mécaniques des sédiments grâce à l'enfoncement « contrôlé » d'un cône dans le fond marin. Un prélèvement de carottes de sédiments jusqu'à 6 m de profondeur (VC, VibroCore) sera également mené, pour ensuite être analysées en laboratoire. lien
"Pour étudier les fonds marins, nous utilisons deux outils complémentaires : la géophysique et la géotechnique. La géophysique nous permet d'obtenir une image des fonds marins grâce à des sondes acoustiques. Elle permet d'identifier d'éventuels objets présents et de connaître la structure des strates. Nous pouvons donc savoir ce qu'il y a jusqu'à environ 50 mètres sous le plancher marin. La géotechnique permet, elle, de compléter la campagne géophysique avec des outils plus intrusifs. Pour cette technique, nous allons forer et réaliser des tests afin de récolter des échantillons des fonds marins et les étudier" lien
Les coraux des mers froides, un gros enjeu bien connu des candidats à l'AO5
On peut supposer qu'un des buts principaux de ces sondages est d'affiner le positionnement des éoliennes vis-à-vis de coraux présents sur le fond marin. C'était de fait un des grands sujets de préoccupations des candidats à AO5 lors de leur dialogue avec la CRE. Certaines des questions posées révèlent l'inquiétude que suscite chez les candidats la présence sur la zone de magnifiques et rares coraux noirs et jaunes « Dendrophyllia cornigera - Smittina cervicornis et/ou Antipathella subpinnata » qui font partie d'espèces protégées pour lesquelles il sera nécessaire, même en cas de « raison impérative d'intérêt publique majeur » de demander une autorisation de destruction, laquelle doit être refusée s'il n'existe pas de mesures de compensation adéquate ( et on ne voit pas quelles compensations réalistes pourraient être proposées). Aucune éolienne ne pourrait alors être implanté à proximité de ces coraux Lien
Une étude de l'environnement initial qui a révélé des habitats exceptionnels : coraux, maërl, zostères, pennatules, haploops
PIEBÎEM rappelle que l'étude de l'environnement initial, obligation légale à leur charge, a révélé la présence de densités importantes de coraux des mers froides, et laprésenced'agrégations originales de coraux et d'huîtres formant des structures complexes et originales. Ces quasi-jardins de coraux, qui sont les premières agrégations de ce type documentées à l'échelle de la façade manche-atlantique française constituent des Écosystèmes Marins Vulnérables. Un milieu naturel d'un telle originalité, beauté et fragilité justifierait un classement en Zone Natura 2000 ou même zone de protection forte. (cf note ci-jointe).
De même figurent sur la zone de l'usine éolienne des bancs de maërl et des herbiers de zostère remarquables, sensibles à la turbidité, aux agressions physiques et à la remise en suspension des sédiments. Ces bancs de Maërl et herbiers de zostères constituent des habitats essentiels pour la vie et la biodiversité marine, des zones de nourriceries importantes, des habitats protégés d'une particulière richesse et vivacité ; ils font partie de la liste des habitats menacés et/ou en déclin de la Convention OSPAR partout où ils sont présents. ( cf note ci-jointe).
Les études de l'état initial ont également mis en évidence une densité exceptionnelle d'habitats de pennatules et terriers de Langoustine qui constituent l'une des principales nourriceries locales de langoustine, jusqu'ici soigneusement préservée, et de haploops qui offrent un espace de nourricerie exceptionnel pour de nombreux poissons et coquillages (roussettes, tacauds, dorades, coquilles Saint-Jacques, baudroies, Saint Pierres ( cf note ci-jointe)
PIEBÎEM : Compte-tenu de l'ensemble de ces découvertes effectuées lors de la détermination de l'Etat Initial, cette zone éolienne industrielle Bretagne sud ne devrait absolument pas voir le jour : sacrifier une aussi riche biodiversité pour un système éolien sans intérêt climatique, ruineux économiquement et insoutenable socialement est un véritable crime. Les travaux même de détection en cours, avec leurs tests de pénétration de cônes et leurs carotages jusqu'à six mètres de profondeur présentent de sérieux risques de dégradation sur lesquels nous alertons et prendrons toutes mesures adaptées. De quelles autorisations exactement dispose Pennavel pour cela ?
« Nous ne gagnerons pas cette course contre la montre pour enrayer le changement climatique si nous sacrifions la biodiversité au passage… Ce qui s'amorce avec la multitude de projets industriels en mer en France et ailleurs, est un crime contre la nature et contre les générations futures » explique Sea-Shepherd








